03-06-2026 11:11 - Mauritanie : un soutien américain se profile pour le financement de la 1ère mine d’uranium
Agence Ecofin - Budgétisé à 230 millions USD, le projet Tiris pourrait devenir la première mine d’uranium de Mauritanie et la première nouvelle mine développée dans le pays en vingt ans. Avant de lancer le chantier, Aura Energy doit cependant, encore sécuriser les financements nécessaires.
Après plusieurs mois d’attente, Aura Energy commence à lever le voile sur le financement de son projet Tiris, appelé à devenir la première mine d’uranium de Mauritanie. Mardi 2 juin, la société australienne a annoncé des négociations avec l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC) pour un prêt pouvant atteindre 170 millions USD, tout en indiquant qu’une autre entité américaine pourrait aussi contribuer au projet.
Dans sa recherche de financements, Aura Energy évoque depuis plusieurs années en effet, le soutien potentiel d’une « banque de développement occidentale » dont l’identité n’avait jusque-là jamais été dévoilée. Les discussions annoncées avec la DFC apportent ainsi un premier éclairage sur cette démarche et sur l’architecture financière envisagée pour Tiris.
L’identité du second acteur américain reste en revanche inconnue. Décrit comme un « fonds d’investissement américain », celui-ci a soumis à la compagnie une proposition non contraignante en vue d’une participation au financement.
Aura Energy a également annoncé la signature d’un protocole d’accord avec un « investisseur stratégique potentiel » portant sur une prise de participation au capital du projet. Ni l’identité de cet investisseur ni le montant envisagé n’ont toutefois été précisés.
Ensemble, ces avancées pourraient contribuer à rapprocher la compagnie de son objectif de lancer la construction de la mine d’ici fin 2026.
D’un coût estimé à 230 millions USD, Tiris devrait produire en moyenne 2 millions de livres d’uranium par an, avec un potentiel d’extension à 3,5 millions de livres. Une étude de faisabilité définitive (DFS), attendue en septembre, devrait permettre d’affiner ces paramètres.
« Nous nous réjouissons de pouvoir informer régulièrement nos actionnaires sur l’avancement du projet, en vue de la publication de l’étude de faisabilité bancable en septembre 2026 et de la décision finale d’investissement d’ici la fin de l’année », a déclaré Phil Mitchell, président exécutif d’Aura Energy.
L’évolution de ces différentes initiatives sera particulièrement suivie aux États-Unis, où l’uranium a récemment été réintégré à la liste nationale des minéraux critiques dans un contexte de regain d’intérêt pour le nucléaire civil. Cette orientation renforce l’enjeu de sécurisation de nouvelles sources d’approvisionnement pour un minerai indispensable à l’alimentation des réacteurs.
Pour la Mauritanie, une avancée concrète s’avérerait également importante dans la dynamique de diversification d’un secteur minier encore largement dominé par le fer et l’or. En vertu de la convention minière signée en 2023, l’État mauritanien pourrait détenir jusqu’à 20 % de la future mine.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
