29-05-2026 21:08 - On ne peut pas faire du Sonko sans Ousmane Sonko

On ne peut pas faire du Sonko sans Ousmane Sonko

L'intervention d'un frère d'arme, en la personne du général de 2ème section Lebatt Ould Maayouf, m'a poussé à prendre la balle au rebond. J'ai d'ailleurs hésité à le faire, sous peine d'être soupçonné de porteur d'encensoir du régime, à chaque fois que mon frère et cousin Lebatt avance une opinion.

Loin de moi le désir de marquer à la culotte, cependant que ses écrits, en prenant comme référence le Sénégal du patriote et panafricaniste Ousmane Sonko, ne pouvaient me laisser indifférent. Mon général on ne peut pas faire du Sonko sans l'éducation morale, la culture politique, et surtout l'entregent philosophique de ce digne fils d'Afrique.

Sonko a enrichi son goût doctrinal, son sens critique, en épluchant le matérialisme dialectique, le matérialisme historique, la philosophie antique, surtout aristotélicienne, celle des "lumières"; Sonko a lu Frantz Fanon, Aimé Césaire, le tout enveloppé dans une morale islamique, moulée dans une rigueur casamançaise.

En homme adulte et parfait, étant inspecteur des impôts de son Etat, il a dès l'exorde refusé la compromission, la corruption, autrement l'enrichissement illicite. Ousmane Sonko pouvait être comme beaucoup de fonctionnaires sénégalais, à savoir être à l'abri du besoin, voler son Etat et se taire à jamais. La jeunesse sénégalaise ne pouvait attendre mieux.

Si Ousmane Sonko n'était pas droit, sincère dans ses agissements, il ne saurait convaincre la jeunesse de son pays, ni atteindre ses objectifs. Car les peuples ne sont pas dupes, ils connaissent ceux qui crachent la vérité, au lieu du mensonge. Toutes les grandes causes ont commencé par un seul homme, pour se répandre et s'ériger en doctrine, en révolution, en religion...

En Mauritanie mon cher Lebatt, il n'y aura pas de révolution, puisqu'il n y a pas de Sonko, ni la volonté et la station de Sonko. Parce que ceux qui réclament le changement, ont le plus souvent goûté aux délices de l'Etat -providence, consommé l'argent mal acquis comme toi, comme moi et tant d'autres.

A chaque fois que nos vaches commencent à maigrir, nous revenons à la charge, nous écrivons, façon d'attirer l'attention ou d'impressionner les pouvoirs publics. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas, la majorité des mauritaniens fait comme nous. C'est dans nos chromosomes.

Je ne dirais pas qu'un jour nous ne rencontrions pas un "Sonko" mauritanien, dès lors que nos élites post- indépendance qui étaient éduquées, engagées dans un militantisme loyal, dépourvu de toute fourberie, ont dépassé l'âge du combat pour l'émergence d'une révolution citoyenne.

En attendant Godot, épluchons nos "Emaux et Camées", comme disent les parnassiens, autrement contentons-nous de ce que nous avons tant que nous avons encore la paix. La Mauritanie ne peut pas supporter une révolution, puisque celle-là est menée par les jeunes, or notre jeunesse est peu éduquée, soit rabougrie, soit oisive.

Cette révolution pourrait se transformer en insurrection ou en bataille rangée entre mauritaniens. On ne peut pas faire du Sonko sans Ousmane Sonko. Rien n'est donné, tout est construit selon l'épistémologue Gaston Bachelard./.

ELY SIDAHMED KROMBELE, UNESCO-MAURITANIE, FRANCE





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Source : Ely Krombele
Commentaires : 8
Lus : 895

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Commentaires (8)

  • diargua (H) 30/05/2026 08:32 X

    Ceci est un appel aux belles filles d ouvrir des sweet beaute.

  • yawonni (H) 30/05/2026 08:12 X

    On voit bien que l auteur et les commentateirs sont loin d etre connaisseurs de la politique Se referer a Sonko pour ouvrir les yeux de la Mauritanie est a la foie du cinema et de la vraie ignorante surtour quand on se dit journaliste. Et Senghor? Wade? Macky lequel aujourdhui assiste par les europeens aspirent pour le siege de l onu ? Ce ''journaliste'' n est pas un intelectuel. L armee ne produit pas des universitaires

  • activiobservat (H) 30/05/2026 00:19 X

    Merci Ely Sidahmed Krombelé pour vos analyses d’habitude pertinentes et savantes qui contribuent à éclairer les pouvoirs publics et les élites..Dans votre analyse du sujet actuel, l’expression « qu’on ne peut pas faire du Sonko sans un Ousmane Sonko » illustre parfaitement les choses..Ajoutons à cela que notre pays n’est pas comparable au Sénégal..Notre pays, notre territoire, notre société, sont plus hétérogènes qu’au Sénégal..Hétérogénéité géographique et sociale..Les désirs de révolution qui s’expriment souvent ne sont que des révolutions de groupes tribaux, ethniques, linguistiques contre d’autres groupes, contre la gouvernance publique..Un groupe donné, lorsqu’ils se sent très lésé exprime souvent son désir de révolution par coup de force plus ou moins feutré, mais il n’y a pas encore de désir de révolution citoyenne, et n’y en aura pas certainement ce siècle où nous sommes. Une révolution citoyenne n’aura lieu que lorsqu’il y aura des désirs réels de révolutions internes à l’intérieur de ces groupes tribaux, ethniques, linguistiques et que ces révolutions internes soient capables de s’additionner animées par un sentiment réel de citoyenneté, et ce jour-là on pourra dire que l’Etat nation et la citoyenneté existent dans toute leur splendeur..Ce qui n’existe pas encore..De plus, la conjoncture géopolitique actuelle dans la sous-région et dans le monde n’est plus rassurante pour le maintien de l’ordre mondial qui était la seule garantie pour la sécurité et la souveraineté des états naissants et faibles.

  • Hartaniya Firilile (H) 29/05/2026 23:10 X

    Messieurs, aucun homme en ce monde ne sera capable de transformer les Mauritaniens et la Mauritanie. Aucun groupe révolutionnaire ne pourra, en l'espace d'un demi-siècle, changer les hommes ni métamorphoser le pays. J'irais jusqu'à affirmer que Dieu Lui-même ne saurait nous détourner de nos habitudes de tricherie, de vol et de détournement, lesquelles sont devenues une véritable religion que nous vénérons par-dessus tout.

  • Hartaniya Firilile (H) 29/05/2026 23:10 X

    Il nous est impossible d'envisager l'émergence d'un leader de la trempe de Sonko dans les quarante prochaines années, tant que nous demeurons collectivement ancrés dans la tromperie et la corruption. Notre déshonneur profond fait de nous des menteurs impénitents, prompts à spolier les biens des citoyens les plus démunis, qui s'enfoncent davantage dans la pauvreté. Nous ne méritons pas un pays tel que la Mauritanie, car de la base au sommet, tout est empreint de fausseté : dans les écrits, dans les discours et jusque dans nos actes les plus sacrés, comme la prière. Nous ne croyons en rien sinon en un argent mal acquis. Que cherchons-nous à ne perpétuer ainsi, Rien d'autre que le mensonge, encouragé et applaudi. La faiblesse de nos hommes réside précisément dans ces femmes qui gravitent autour des plus dignes et des plus sérieux, alors qu'elles ne leur indiquent d'autre voie que celle de la tromperie et du vol.

  • Hartaniya Firilile (H) 29/05/2026 23:09 X

    Je le répète : aucun homme en ce monde, aucun marabout, ni aucun groupe d'individus, fût-il composé de mille personnes prêtant serment sur le Coran, ne saurait transformer ce pays ou ces hommes qui se proclament mauritaniens et favorables au changement. Tout n'est qu'illusions et tromperies. Nul ne peut prétendre transformer le mauritanien sans être lui-même transformé. Messieurs, nous sommes malades, et pas seulement parce que nous faisons le mal sur cette terre que Dieu nous a désignée pour y vivre, mais parce que nous sommes tous gangrenés par le vol et le mensonge, nous abusant nous-mêmes sans même prendre conscience de ce que nous faisons.

  • ouldsidialy (H) 29/05/2026 22:42 X

    Franchise remarquable : "toi, moi qui avons goûté à l'argent mal acquis". Qui ne peut être dite que par une personne qui ne l'aurait pas acquis, s'il était possible d'avoir des biens sans passer par là. Personne qui certainement, n'en a jamais vraiment beaucoup acquis non plus.

    1) Mais franchise qui fait erreur pour ce qu'elle veut démontrer : La plupart des gens normaux qui agissent mal n'agissent pas comme ils le voudraient, mais comme "la normalité" des choses l'exige. Cela ne veut pas dire que si la norme change, ils n'en voudraient pas. La corruption économique ne disqualifie pas l'aspiration au changement. C'est la perte de foi que cela puisse changer, qui fait cela.

    2)La protestation par dépit/frustration de ne pas être servi comme on le voudrait par la "normalité" en cours, n'est pas moins légitime que par idéal. Elle est d'ailleurs plus fédératrice et efficace. Le jeu veut qu’elle ne puisse paraître en public qu’habillée des apparences de l’idéal ; voilà tout.

    3)La protestation sociale est primordialement une requête égoïste face à des égoïsmes qui la laissent au bord de la route. Elle n'est suspecte de rien quant à sa sincérité. Contrairement à la protestation morale ou idéologique, lorsque son objet est politique (= le pouvoir) ou la distribution des richesses…

  • Hartaniya Firilile (H) 29/05/2026 22:24 X

    Messieurs, nous soutenons Sonko dans sa position d'homme intègre, qui aspire à faire de son pays une référence internationale dans la lutte contre la corruption et la concussion. Nous devons admettre que nous sommes touchés par un mal profond : celui de l'argent mal acquis, consommé sans vergogne au détriment du peuple. En Mauritanie, il semble que seuls ceux qui s'adonnent au vol et au mensonge soient respectés et nommés à des postes de responsabilité. Si sous l'ère Aziz, le gaspillage, le vol, le mensonge et la tromperie étaient déjà monnaie courante, sous Ghazouani, la situation s'est considérablement aggravée et risque de se multiplier par dix dans tous les domaines. Dieu semble nous avoir abandonnés, et nos institutions ainsi que nos dirigeants en témoignent. Nous sommes devenus des citoyens incapables de nous illustrer autrement que par le vol et le mensonge. Il est peu probable que, dans les quarante années à venir, nous puissions espérer le moindre changement.