23-03-2014 18:00 - Chaos urbain, Ã qui la faute ?
Hebdomadaire Mauritanoix - A Nouakchott, la circulation est un enfer, un vrai calvaire, un sentiment de risque permanent, une peur de tout et de rien. Les routes sont défoncées, le bitume fendu en différents endroits. Il y a des trous béants de chantiers, des nids de poules, des dos d’anse, etc.
Aucune programmation urbaine n’est envisagée pour éviter le déroulement simultané de nombreux travaux publics ou privés. C’est à se demander s’il y a une coordination entre Les différents services d’urbanismes à quelque niveau que ce soit. Mais rarement la circulation dans la capitale n’a été aussi difficile que ces derniers jours.
Le Président Aziz en quasi campagne faisant le forcing a entrepris de réhabiliter toutes les routes endommagées lors des dernières inondations.
A ce tableau il faut ajouter le plan de restructuration des grandes avenues déjà entrepris depuis 3 ans mais qui a connu un important retard au niveau de certaines artères. La SNDE, pour réaliser son projet d’approvisionnement en eau, a lancé de grands travaux qui causent de grands dégâts au niveau des artères traversées. Et, comme si cela ne suffisait pas, le projet d’évacuation des eaux de pluies, contribue également à la casse en creusant de nouvelles tranchées causant de un danger de plus.
Ainsi, au niveau de son centre Nouakchott est devenue inhospitalière autant pour les automobilistes que pour les piétons. Les voitures, souvent face à un tel spectacle, s’affolent, leurs conducteurs s’insultent, se bagarrent parfois en s’échangeant des boulets de goudron ou d’argile, lorsque la Somelec, la SNDE, le projet Aftout et autres s’en sont mêlés en repartant avant de remettre la chaussée en état, ce qu’ils ne font jamais, puisque personne n’est là pour les contrôler.
A Nouakchott, quand on conduit, il faut conduire pour les autres, être gentil avec eux, leur sourire lorsqu’ils cabossent votre voiture. Les bus ont la galle et frottent contre n’importe quoi, n’importe qui pour mettre fin à leurs démangeaisons. Mais lorsqu’un bus vous frotte, allez tout de suite au dispensaire le plus proche pour vous faire vacciner contre le tétanos. Ce sont des cabanes datant de la préhistoire et personne ne peut les arrêter de peur d’être contaminé.
Les charrettes ont toujours la priorité faute de frein, de clignotants et de plaques d’immatriculation. Si vous vous plaignez de leur conducteur, vous serez accusé d’être esclavagiste, et si vous avez le malheur d’être un beidane, vous serez traités de criminel et menacé d’avoir la gueule cabossée. Le problème c’est que vous ne saurez jamais à qui vous devez vous plaindre quand vous avez le droit de le faire.
C’est l’anarchie totale, car les lois régissant le domaine urbain datent parfois de la période coloniale. La Communauté Urbaine vous dira qu’elle n’est pas civilement responsable d’un grave dégât survenu sur votre véhicule ou même votre enfant à cause d’une omission de comblement d’une fosse sur la voie urbaine.
Pourtant, dans les pays civilisés, il existe une jurisprudence riche en matière d’indemnisation des automobilistes qui ont subi des dommages dus à la défectuosité de la voie urbaine. Mais chez nous, il faut attendre, peut-être le 25ème siècle !
D’ici là , nous saurons au moins à qui reprocher ce véritable chaos urbain qui n’est pas le propre de Nouakchott, mais de toutes les villes de Mauritanie.
Mauritanoix N° 81
