04-03-2014 08:54 - Des revendications fantaisistes font de nouveau peser la menace sur Pizzorno

Des revendications fantaisistes font de nouveau peser la menace sur Pizzorno

Mauriweb - Malgré un contexte des plus défavorables Dragui Transport (Pizzorno) continue chaque jour à remplir son contrat à savoir donner aux nouakchottois un environnement plus propre.

Seulement il faut croire qu’il y a des personnes tapies dans l’ombre et qui font tout pour la bouter hors du pays dans le seul but d’hériter de ce contrat qui apparemment, en fait saliver plus d’un. Qui peut avoir intérêt à voir cette société quitter la Mauritanie ?

Que deviendront les 1200 travailleurs qu’emploie cette société ? Nouakchott ne replongera-t-il pas sous des montagnes de détritus ? Quels sort sera réservé à ces centaines d’employés qui ne retrouveront pas, sans doute, de sitôt un emploi ?
Depuis 2007, l’entreprise française Dragui Transport filiale du groupe Pizzorno Environnement est chargée de la collecte et du ramassage des ordures ménagères de l’agglomération de Nouakchott. Cette collecte dite moderne est venue remplacer la gestion« artisanale » des déchets jusque là confiée, à des privés mauritaniens sous équipés et sans expérience ou organisée traditionnellement par des charretiers.

Avant l’arrivée de Pizzorno, il n’y a avait aucun traitement des ordures ramassées, les enfants et les charretiers faisaient payer aux habitants une somme variant entre 500 et 1.500 ouguiyas par mois, et au final, la ville ressemblait à un dépôt d’ordure à ciel ouvert. Les déchets enlevés étaient tout simplement jetés et abandonnés un peu partout aux différentes sorties de la ville. Et, lorsque des monticules trop importants se formaient, on y mettait le feu, quitte à polluer l’air et rendre un quartier irrespirable pendant plusieurs jours.

Aujourd’hui, Pizzorno a mis en place à 23 kilomètre de Nouakchott un CET (Centre d’enfouissement Technique) répondant aux normes internationales. L’étude prévisionnelle à la base du contrat de Pizzorno, prévoyait une production moyenne de 350 tonnes par jour de déchets ménagers et assimilés que la société s’était engagée à collecter. Très vite on s’était rendu compte que ce chiffre était très loin de la réalité. Aujourd’hui la société ramasse chaque jour entre 600 et 700 tonnes d’ordures.

Évidemment le contrat qui lie Pizzorno à l’Etat mauritanien est un contrat quantitatif et prévisionnel, autrement dit il ne prend en compte que les quantités effectivement enlevées, transportées au Centre d’Enfouissement Technique et dûment constatées par un agent de l’ADU (Agence de Développement Urbain) maître d’ouvrage délégué par la CUN (Communauté Urbaine de Nouakchott) pour l’exécution du contrat.

Au terme du contrat signé avec l’Etat mauritanien, Pizzorno s’était engagée à collecter une moyenne de 350 tonnes. Pour cela, elle devait mobiliser un effectif de 600 collaborateurs exploitant une quarantaine de bennes de collecte. Or, nettoyer une ville de plus d’un millions d’habitants, exige plus que ce qui était prévu au contrat. Et la société a du très vite battre tous les records de prévision.

Elle compte aujourd’hui plus de 1200 collaborateurs mauritaniens et plus de 90 camions et engins. C’est dire que le volume des moyens matériels est lui aussi allé au-delà des stipulations du contrat. Qui plus est en pleine exécution de son contrat Pizzorno dont la charge essentielle se trouve être les salaires a vu ceux-ci gonflés considérablement par la récente révision en hausse du SMIG mauritanien entraînant une dépense supplémentaire de plus de 160 millions d’ouguiya par an.

Mais le plus grave, une cascade de procès intentés devant les « Prud’hommes », font peser sur l’entreprise une menace de plus d’un milliard et demi d’ouguiyas ! Ainsi un employé licencié pour défaut de rentabilité réclame une indemnisation de 47 millions d’ouguiya.

Un autre employé licencié pour avoir provoqué un incendie qui a ravagé le CET et malgré les images de la vidéo surveillance qui prouvent la faute lourde obtient une condamnation de la société pour lui verser plus de 45 millions d’ouguiya.

En 2009, après une saisine de l’Inspection Régionale du travail concernant leur plateforme revendicative, les travailleurs par l’intermédiaire de la CGTM ont assigné Pizzorno qui malgré les efforts notables dans le sens de l’amélioration des conditions des travailleurs a été condamnées à payer plus de 17 millions à des travailleurs au titre de compensation pour l’usage de certains équipements que pourtant la société a toujours distribué.

D’ailleurs le partage de ce pactole donna lieu à des récriminations dans la mesure ou un Collectif du personnel pour la Sauvegarde de l’Emploi a déposé une plainte devant le Procureur de la République pour connaitre les détails de la distribution. Le Collectif accuse à demi-mot certains syndicalistes d’avoir tout simplement détourné l’argent des employés. D’après lui des employés auraient émargé face à une somme bien supérieure à celle perçue effectivement.

Pourtant Pizzorno, va au-delà de ses obligations légales pour venir en aide à ses travailleurs. Alors qu’elle n’avait prévu de recruter que 600 employés, Pizzorno en a déjà recruté plus de 1200 dont seulement 6 ou 7 expatriés parmi eux un nombre important d’handicapés moteurs et de femmes, deux couches que l’entreprise tient particulièrement à encourager.

La société qui paye déjà un treizième mois, a ouvert un dispensaire gratuit pour ses employés et leurs familles. Des employés victimes de maladies graves comme un avc bénéficient de l’assistance permanente de la société. Suite aux désaccords récurrents et après saisine du Conseil d’arbitrage, un expert a été désigné aux fins d’évaluer certains points des demandes des travailleurs. L’expert a rendu ses conclusions en mars 2011 et il évaluait lesdits droits à la somme de 1 183 000 000 UM.

Signalons que ce montant représente plus de 50% des recettes annuelles brutes que Pizzorno tire du contrat qui la lie avec l’Etat. C’est à croire que cette requête fantaisiste est surtout formulée pour faire jeter l’éponge à Pizzorno.

Un autre employé qui se trouve en prison pour escroquerie et qui a donc été licencié pour abandon de poste réclame lui aussi plusieurs millions en dommages et intérêts mais la palme revient à cet autre employé qui avait été engagé à l’essai et au terme de cet essai jugé non concluant il y a été mis fin. Celui-ci a saisi l’inspecteur du travail pour réclamer 20 842 000 UM !!!! Et il ya des dizaines d’autres affaires toutes plus fantaisistes les unes que les autres.

Les jours derniers, le président d’une formation judiciaire qui n’aurait pas encore vu le jour, donc inexistante légalement aurait condamné Pizzorno sur la foi de l’expertise à payer plus de 1 167 000 000 UM aux travailleurs.

Parmi les revendications prises en compte il y a l’augmentation des salaires de 100%, le remboursement des frais de transport à raison de 12000Um par mois et par travailleur et ce depuis l’embauche, la prime de lait 4 boites de lait par jour et par employé et ce depuis la date d’embauche à aujourd’hui, la prise en charge des ordonnances médicales à hauteur de 100%, les primes de risque de poussière et de tout et de rien !

Les juridictions mauritaniennes auront à se prononcer sur tous ces différends et bien entendu ils détermineront l’avenir de cette société en Mauritanie.

Mais au-delà, c’est la confiance qu’auront les investisseurs en notre système judiciaire et en sa protection qui est en jeu. Sans une justice fiable et devant laquelle seul le droit prime aucun investisseur ne pourrait s’aventurer chez nous. Bien entendu il est hors de question de donner la primauté à l’étranger mais il ne faut pas non plus le considérer comme une vache à lait à la merci de tous. Malgré tout, Pizzorno continue avec abnégation et dévouement à remplir sa mission.

Le Groupe Pizzorno souffre aussi d’une autre confusion : il est tenu responsable de tout ce qui traîne dans les rues. Or, dans le contrat signé en 2007, « les cadavres d’animaux, les déchets verts, les gravats…. » ne font pas partie de la collecte dont il est chargé pourtant il s’en acquitte souvent.

Alors sachons préserver cet outil, travaillons sur le transfert de technologie et de compétence et essayons de toujours tendre vers l’objectif Nouakchott Ville propre. Et à moins d’être aveugle, amnésique ou de mauvaise foi, on ne peut qu’admettre que depuis que Pizzorno est là, le visage de la ville a radicalement changé. Certain quartiers sont même propres et les habitants ne se privent pas de le dire ouvertement et d’en remercier l’entreprise et ses employés.




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Commentaires (5)

  • lapatrie (H) 04/03/2014 19:23 X

    Dieu sait ou se trouve la vérité, mais si les cas cités s’avèrent vrai, alors ça ne fait confirmer que nous ne cherchons jamais l'objectivité, mais plutôt l'argent facile, illégale, sale, etc

    Tout ceci est dû à notre justice qui ne travail pour la Mauritanie, mais pour des individus. Dommage et que Dieu nous évite des ces gens qui continuent tirer notre pays vers le bas.

  • NDIEWO (H) 04/03/2014 14:11 X

    C'est du jamais vu, 12000 um pour le ticket de transport, c'est énorme ; 4 boîtes de lait. Ils ont un salaire non, qu'ils s'achètent du lait;

    Pizzorno devrait respecter leur cahier de charges ni plus ni moins, on ne fait pas un travail en plus qui génère des charges financières parce qu'on veut garder le marché; Pizzorno doit garder impérativement sa culture d'entreprise européenne car chez nous, c'est le tieb tieb sans lendemain.

  • antipervers (H) 04/03/2014 13:12 X

    Il y a plusieurs choses qui se mélangent dans cet article de communication de pizzorno.

    1) l’entreprise accomplit un travail qui fait la différence avec la situation antérieure. Temps mieux, mais c’est aussi sa raison d’être. On ne va pas non plus se prosterner devant elle, parce que elle fait le job pour lequel elle est payée ; sous prétexte qu’on est en Afrique et que l’on est souvent payé à ne rien faire.

    2) le développement de l’activité de pizzorno aurait engendré des coûts salariaux non prévus : c’est une faute de gestion qui incombe à pizzorno. Et que l’on arrête de nous faire passer l’embauche des entreprises pour une œuvre de bienfaisance. L’entreprise privé, emploi les personnes dont elle a besoin pour faire du profit. Et c’est très bien comme cela.

    3) Des travailleurs portent plainte : tout le monde a droit de porter plainte. c’est la loi et les prudhommes existent partout. Pizzorno connaît cela.

    4) Dans un pays structurellement corrompu, la corruption des administrations y compris judiciaires, fait parti des facteurs de production de l’entreprise. Elle est connue, prévue et pratiquée autant par les entreprises étrangères que locales. Ce type d’entreprise ne s’implante pas non plus sans entre-gens local, et l’on se souvient d’un ancien ministre français (Léotard) dans la délégation, venu aider par son carnet d’adresse, l’implantation de l’entreprise. Pizzorno ne peut jouer aux vierges effarouchées à ce sujet.

    5) L’article laisse entendre qu’un ou des concurrents seraient à l’œuvre,en arrière court pour aider les travailleurs dans leurs revendications légitimes ou pas. C’est une bonne nouvelle, si dans un pays d’Afrique on pouvait avoir un peu de concurrence. Au demeurant, le traitement des déchets semblent au dessus des moyens de la seule pizzorno, si on en juge par des résultats très inégaux et très imparfait sur l’ensemble de la capital. Sur ce point, il faut dire qu’il y a peut-être un arbitrage à faire de la part de l’Etat, pour payer plus.

    L’ennui dans un pays corrompu et sous administré, c’est qu’il est difficile de faire la part des choses entre ce qui est dû et payé pour un résultat et ce qu’il faudrait payer à une entreprise dont les coûts de facteurs de production et la rentabilité sont impossible à déterminer. Mais c’est aussi, une des raisons pour lesquels on choisit l’Afrique plutôt que le Japon pour s’implanter.

  • loupe (H) 04/03/2014 10:26 X

    Je suis un citoyen Lamda, je remercie l'auteur pour cet article. Tous ces résultats honorables de Pizzorno ne sont que les résultats directs sans compter le nombre de maladies et infections évitées grâce au travail de Pizzorno qui a rendu le spectacle de centaines de montagnes d'ordures qui infestaient la ville un lointain souvenir. Ce serait une erreur de s'en débarrasser, rien qu'à l'idée de résurgence des tas de poubelles devant nos maisons, j'ai déjà envie de vomir.

    Quant aux employés et syndicats en Mauritanie, ils sont prêts à tout pour faire usage de faux meme jusqu'à simuler des accidents de travail pour gagner des millions. Nous avons besoin d'une justice responsable pour contrecarrer toutes ces velléités mercantiles.

  • Hammejerel (H) 04/03/2014 09:22 X

    Cette societe ne pourra pas echapper a cette regle bien etablie. Aucune societe a capitaux totalement etrangers n a reussi en Mauritanie a cause de cette justice a deux vitesses. Et avec cette situation on veut attirer les investisseurs. C est ce qui explique l echec patent de la Zone Franche de Ndb