10-01-2014 02:09 - Incendie du wharf : Rien que des paroles
Dimanche dernier 5 janvier 2013, une centaine de baraquements sont allés en fumée à cause de l’imprudence d’un habitant affamé dont la bonbonne de gaz a failli faire une hécatombe.
Si heureusement, il n’y eut pas de pertes en vies humaines, quasiment tout le matériel (postes de télévision, réfrigérateurs, tapis, documents et autres équipements électroménagers) a été tout simplement consumé par les feux. Les gendarmes et les habitants n’ont eu que leurs yeux pour constater les dégâts face à l’incandescence d’un feu qui a rapidement tout englouti.
Ce n’est qu’au moins deux heures plus tard que les services de la protection civile sont arrivés cahin caha sur les lieux du drame. Ils ont cependant fait ce qu’ils peuvent.
Cette nuit là , les victimes de cet incendie ont dormi à la belle étoile avec leurs enfants sous un froid particulièrement rude. Le lendemain, le Président, le PM, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation viennent les voir les mains vides. Trente six heures après, aucune action d’urgence n’a encore été entreprise.
Juste des discours de lamentation et des professions de foi qui ne font ni boire, ni manger, ni couvrir ces milliers de pauvres à des moments si difficiles. Le soir, des partis politiques réagissent plus concrètement. L’APP de Messoud Ould Boulkhair offre cinq millions aux victimes. Le parti Tawassoul donne lui aussi quelques millions. Récupération politique ou élan de solidarité vis-à -vis de citoyens éplorés ?
Peu importe. L’essentiel étant de permettre la prise en charge de ces milliers de Mauritaniens déjà suffisamment pauvres qui viennent subitement de s’appauvrir davantage. Ce drame repose avec acuité la problématique des quartiers précaires de Nouakchott communément appelés Kebbas que l’Etat prétend avoir pourtant réglé définitivement à travers de vastes distributions de terres aux abords de Nouakchott.
Cette favela qui vient de brûler date de la création du wharf, c'est-à -dire depuis le début des années 70. Cet incendie, déclare une victime, était prévisible dans des taudis surpeuplés où aucune règle de sécurité n’est observée. En 2011, les autorités chargées de gérer la question des baraquements ont fait la sourde oreille face aux revendications des délégués du wharf. Normalement, aujourd’hui ces responsables doivent bien répondre de cette négligence coupable.
De nouveau, les plus hautes autorités ont promis de régler définitivement la question à travers le déplacement des gens du wharf vers des cieux plus cléments et l’octroi de terrains lotis assortis d’une aide substantielle pour leur permettre de vivre décemment. Jusque là , cinq jours après le drame, ce ne sont encore que des promesses. Qu’Allah fasse qu’elles ne soient pas comme tant d’autres qui attendent toujours d’être tenues.
