06-11-2026 18:45 - Quand la justice abandonne une veuve, c'est toute la société qui est humiliée ! / Par Balas

Quand la justice abandonne une veuve, c'est toute la société qui est humiliée ! / Par Balas

Le cas de Madame KINNÉ SANGHOTT, veuve de notre regretté doyen Amadou Koumé, et Vice-présidente du COPECO-89 RIM.

Mesdames et Messieurs,

Chers compatriotes,

Je prends aujourd'hui la parole avec une profonde douleur, une indignation immense et une révolte que je ne peux plus contenir.

Je parle en ma qualité de Président du Collectif des Opérateurs Économiques Victimes des Événements de 1989 en République islamique de Mauritanie, le COPECO-89 RIM.

Je parle également en tant que citoyen mauritanien, musulman et homme attaché à la justice.

Aujourd'hui, c'est une femme, une veuve, une mère de famille, notre Vice-présidente, Madame Kinné Sanghott, qui subit une injustice dont la gravité interpelle notre conscience collective.

Depuis le 21 octobre 2026, cette femme et sa famille vivent une situation humainement insupportable.

Comment peut-on expulser une famille de sa propre maison alors qu'elle détient, selon les documents présentés par la famille, un titre foncier et qu'elle occupe ce domicile depuis près de cinquante ans ?

Au nom de quelle justice ?

En vertu de quelle morale ?

Et surtout, au nom de quelle loi ?

Comment peut-on accepter qu'une veuve, après avoir perdu son époux, soit encore condamnée à perdre le toit qui abrite sa famille ?

Mais le plus révoltant ne s'arrête pas là !

Cette famille est aujourd'hui à la rue.

Deux de ses enfants ont été déférés en prison.

Sa fille se trouve encore à l'hôpital après avoir perdu son fœtus à la suite du choc moral et des brutalités policières dont la famille affirme avoir été victime.

Je vous le demande : où sommes-nous ? Dans une République islamique ou dans une République où le citoyen ne peut même plus compter sur la protection de ses droits les plus élémentaires ?

Nous sommes en Mauritanie !

Un pays dont la Constitution, les lois et la religion proclament la justice, la dignité et la protection des faibles.

Nous sommes dans un pays où l'on entend chaque jour des prêches sur les droits des orphelins, des veuves, des pauvres et des opprimés.

Mais où sont donc ces principes aujourd'hui ?

Où sont les autorités politiques ?

Où sont les autorités administratives ?

Où sont les magistrats ?

Où sont les responsables religieux ?

Comment expliquer qu'une telle situation puisse perdurer depuis le 21 octobre 2026 sans qu'une réponse juste et humaine ne soit apportée à cette famille ?

Le silence devant l'injustice n'est jamais une preuve de sagesse. Il peut devenir une complicité morale avec l'injustice.

Je rappelle que nous avons vécu les douloureux événements de 1989. Nous avons connu l'exil, les humiliations, les pertes humaines et matérielles, les séparations familiales et les blessures qui ne se referment pas.

Nous avions espéré que notre pays tirerait définitivement les leçons de cette tragédie.

Nous avions espéré que plus jamais un Mauritanien ne serait abandonné face à l'arbitraire.

Et voilà qu'aujourd'hui, une famille entière se retrouve dans la rue, au milieu de ses souffrances, alors qu'elle réclame simplement le respect de ses droits.

Je m'adresse particulièrement aux autorités de notre pays :

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les magistrats,

Responsables religieux de notre chère Mauritanie,

Ne laissez pas cette injustice devenir une honte supplémentaire dans l'histoire de notre pays !

Je m'adresse également à tous les Mauritaniens honnêtes, patriotes et attachés aux valeurs de l'Islam.

Ne regardez pas cette famille comme si son malheur ne vous concernait pas.

Aujourd'hui, c'est la maison de Kinné Sanghott qui est en cause. Demain, cela pourrait être la vôtre, celle de votre sœur, de votre mère ou de votre fille.

La justice n'a ni couleur, ni ethnie, ni tribu, ni appartenance politique.

Elle doit être la même pour tous !

Notre Sainte Religion nous enseigne que l'injustice est une faute grave et que les droits d'autrui doivent être respectés.

Alors, au nom d'Allah, au nom de notre humanité commune et au nom de la justice, je lance un appel solennel :

RENDEZ À MADAME KINNÉ SANGHOTT ET À SA FAMILLE LEUR DIGNITÉ !

FAITES TOUTE LA LUMIÈRE SUR CETTE AFFAIRE !

LIBÉREZ SES ENFANTS SI LEUR DÉTENTION NE REPOSE SUR AUCUNE BASE LÉGALE !

APPORTEZ À SA FILLE LES SOINS ET L'ACCOMPAGNEMENT NÉCESSAIRES !

ET PERMETTEZ À CETTE FAMILLE DE RÉINTÉGRER SON DOMICILE, SI SON DROIT DE PROPRIÉTÉ EST CONFIRMÉ PAR LES AUTORITÉS COMPÉTENTES !

Je ne demande aucun privilège pour notre Vice-présidente.

Je ne réclame aucun passe-droit.

Je demande simplement que le droit soit respecté et que justice soit rendue.

À ceux qui pourraient penser que notre silence serait une résignation, je rappelle une vérité fondamentale :

PARDONNER NE SIGNIFIE PAS RENONCER À SES DROITS.

Nous avons pardonné beaucoup de choses. Mais nous ne pouvons pas accepter que l'injustice devienne une règle de fonctionnement de notre société.

Enfin, à Madame Kinné Sanghott, à ses enfants et à toute sa famille, je veux dire ceci :

Vous n'êtes pas seuls.

Votre douleur est notre douleur.

Votre dignité est notre dignité.

Et votre combat pour la justice est désormais porté à la connaissance de l'opinion publique.

Que Dieu protège cette famille, soulage les souffrances de ses membres et guide ceux qui ont le pouvoir de réparer cette injustice.

UNE RÉPUBLIQUE QUI NE PROTÈGE PAS SES VEU­VES, SES ENFANTS ET SES CITOYENS LES PLUS VULNÉRABLES NE PEUT PRÉTENDRE À UNE JUSTICE ÉQUITABLE.

Que vive une Mauritanie unie dans la justice, l'égalité et la fraternité !

Ba Alassane Hamady Soma dit BALAS

Président du COPECO-89 RIM

Nouakchott, le 5 novembre 2026.





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Source : Balas
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