25-10-2026 00:45 - Le rappeur Omzo Minen Teye répond au ministre de la Culture
"L'arabe devient obligatoire dans les documents adressés au Cabinet du ministre de la Culture". (Source : Info Plus).
Face à cette décision, il est temps que les artistes prennent leurs responsabilités, se mobilisent et fassent entendre leur voix, au lieu de se contenter de se rendre au ministère pour prendre des photos et faire de la figuration.
Soyons clairs : nous ne sommes pas contre la langue arabe. Cependant, c’est ce même système qui nous a donné la possibilité de choisir entre l’arabe et le français dans notre parcours éducatif.
On ne peut pas, d’un côté, permettre aux citoyens de suivre leur scolarité dans l’une ou l’autre langue et, de l’autre, leur imposer soudainement une seule langue dans leurs démarches administratives.
Être artiste, c’est aussi avoir le courage de s’exprimer, de défendre ses convictions et de dénoncer les contradictions du système.
Le véritable enjeu est interne, et non international.
Monsieur le Ministre,
Nos interrogations concernant cette circulaire ne portent nullement sur les engagements internationaux de la Mauritanie, mais plutôt sur le devenir de ces nombreux fils et filles du pays qui ont effectué leurs études en français et qui ne maîtrisent la rédaction des documents administratifs que dans cette langue.
Quel sort leur réserve-t-on au sein de leur propre administration ? Comment pourront-ils continuer à servir leur pays si leur formation linguistique devient un obstacle ?
Il ne s’agit pas de contester la place de la langue arabe, mais de tenir compte des réalités éducatives et administratives de notre pays.
Notre préoccupation n’est donc pas la place de la Mauritanie dans la Francophonie, mais bien la place de certains Mauritaniens dans leur propre pays.
Une langue doit être un facteur d’unité et non un instrument d’exclusion.
Conclusion : Je tiens à préciser que je ne rejette absolument pas la langue arabe. l’État mauritanien m’a, à l’époque, donné la possibilité de choisir ma langue d’enseignement. J’ai donc suivi l’ensemble de ma formation en français, conformément au système éducatif mis en place par ce même État.
Par conséquent, l’État mauritanien doit aussi assumer ses responsabilités et reconnaître les conséquences de ses propres choix éducatifs.
Si je me présente au ministère de la culture avec un projet sérieux, bien structuré et parfaitement rédigé en français, je considère qu’il est tout à fait légitime que ce projet soit examiné et pris en considération, sans que la langue dans laquelle il est rédigé constitue un obstacle.
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