19-10-2026 14:38 - Troisième mandat pour Ghazouani: Mint Hmednah revient à la charge !
LA DÉPÊCHE -
À quelques encablures d’un éventuel dialogue politique, la ministre du Commerce et du Tourisme, Zeinabou Mint Hmednah, remet la question d’un troisième mandat présidentiel au centre du débat public.
Dans une nouvelle publication sur sa page Facebook, elle défend la poursuite du parcours de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani au-delà de 2029, présentant cette perspective comme une « nécessité nationale » au regard des défis auxquels le pays est confronté.
La ministre n’en est pas à sa première prise de position sur le sujet. Elle avait déjà lancé un pavé dans la mare à Kiffa, durant l’été, en appelant ouvertement à soutenir la « continuité » du projet présidentiel au-delà du second mandat constitutionnel du chef de l’État.
Cette nouvelle sortie intervient dans un contexte politique sensible, alors que la perspective d’un dialogue entre les différents acteurs pourrait remettre sur la table des questions fondamentales liées à la gouvernance et à l’avenir des institutions.
Qu’elle relève d’une initiative personnelle ou s’inscrive dans une stratégie politique plus large, cette prise de position risque de raviver les tensions avec les opposants attachés au respect de la limitation constitutionnelle des mandats.
Pour justifier son plaidoyer, Zeinabou Mint Hmednah estime que les alternatives à Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, aussi bien au sein de l’opposition que de la majorité, n’ont pas encore réussi à proposer un projet plus convaincant, une vision économique plus claire ou un leadership suffisamment crédible pour répondre aux exigences de la période actuelle.
Selon elle, la proximité des programmes, le manque de différenciation entre les visions et l’insuffisance des figures de leadership invitent à examiner la question de l’alternance sous l’angle de la capacité réelle à gouverner, plutôt qu’à travers les seules ambitions personnelles ou les noms des candidats potentiels.
La ministre considère par ailleurs que la direction du pays engage le destin de toute une nation et l’avenir des générations futures. Confier cette responsabilité à une personnalité dont les capacités à faire face aux défis ne sont pas suffisamment éprouvées constituerait, selon elle, un risque qui mérite réflexion.
Elle rappelle que la stabilité demeure un acquis précieux, dont la remise en cause peut entraîner des conséquences importantes.
Dans un environnement international marqué par la multiplication des crises et l’aggravation des pressions économiques et sécuritaires, elle place ainsi l’expérience dans la gestion de l’État, la préservation des équilibres nationaux et la capacité à prendre des décisions difficiles parmi les principaux critères de choix d’un dirigeant.
Tout en reconnaissant que la Mauritanie dispose de nombreuses compétences et que la scène politique nationale ne manque pas de personnalités capables d’émerger, Zeinabou Mint Hmednah estime que l’aptitude à diriger un pays dans les périodes délicates se construit au fil de l’expérience et se vérifie dans l’épreuve des responsabilités. Elle affirme que Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani demeure, à ses yeux, le choix le plus digne de confiance pour répondre aux exigences du moment.
Elle précise toutefois que la poursuite de son parcours présidentiel devrait, selon elle, s’inscrire dans le respect de la Constitution et des institutions, à travers une volonté populaire libre et un processus juridique clairement défini.
Une précision qui ne dissipe pas pour autant les interrogations politiques et constitutionnelles soulevées par la perspective d’un troisième mandat, à l’approche d’un éventuel dialogue national.
