13-10-2026 21:45 - Migration vers l’Europe : moins d’arrivées d’Afrique de l’Ouest, mais des traversées plus dangereuses

Migration vers l’Europe : moins d’arrivées d’Afrique de l’Ouest, mais des traversées plus dangereuses

UN News -- Les arrivées par mer en Europe depuis l’Afrique de l’Ouest ont reculé de près de 60 % au premier semestre de 2026 par rapport à la même période de 2025. Mais cette baisse masque un déplacement des routes migratoires.

Le renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal repousse les départs plus au sud, allongeant les traversées et aggravant les risques en mer, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Au cours des six premiers mois de l’année, 4 566 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Guinée et de Gambie ont été enregistrées à leur arrivée en Europe par voie maritime, indique l’OIM.

La route atlantique ouest-africaine reste leur principale voie d’accès : elle représente 83 % des arrivées enregistrées entre janvier et juin 2026.

Parallèlement, les ressortissants d’Afrique de l’Ouest représentent une part croissante des arrivées sur les routes méditerranéennes. Cette proportion atteint 21,9 % en Méditerranée occidentale, contre 15,6 % un an plus tôt, et 10,5 % en Méditerranée centrale, contre 8,6 % en 2025.

« Une baisse du nombre d’arrivées à un endroit donné ne signifie pas que les pressions ont disparu », a déclaré dans un communiqué Amy Pope, directrice générale de l’OIM. « Souvent, elles se déplacent simplement vers d’autres itinéraires. C’est pourquoi nous devons considérer le parcours dans son ensemble, du lieu de départ jusqu’au lieu d’arrivée. »

Aux Canaries, moins d’arrivées mais presque autant de morts en mer

La baisse des arrivées ne signifie pas nécessairement que les départs diminuent. Les données sur les interceptions et les décès en mer montrent que les tentatives de traversée se poursuivent, même si moins de personnes atteignent leur destination.

Sur la route atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries, les arrivées ont chuté de 62 % entre 2024 et 2025, après un pic en 2024. Le nombre de morts et de disparus n’a pourtant baissé que de 4 % : 1 172 personnes ont été recensées en 2025, contre 1 215 l’année précédente.

Pour l’OIM, ce décalage souligne que « cette route est devenue beaucoup plus dangereuse pour les migrants ».

Des départs plus au sud, des traversées plus longues

Le renforcement des contrôles au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal pousse les candidats au départ à emprunter d’autres itinéraires, notamment depuis la Gambie, la Guinée et la Guinée-Bissau.

Ces trajets peuvent allonger les traversées de 750 kilomètres, portant certaines distances à environ 2 200 kilomètres. Les migrants passent ainsi davantage de temps en mer et empruntent des zones côtières plus isolées et moins surveillées. Ils sont davantage exposés aux naufrages, à la déshydratation et aux disparitions en mer.

Ces déplacements montrent les limites des seuls chiffres d’arrivées pour comprendre l’évolution des migrations. Selon l’OIM, un changement sur une route peut se répercuter sur d’autres. Il faut donc suivre l’ensemble des parcours, des pays d’origine aux pays de transit et de destination.

Une coopération pour sauver des vies

L’OIM appelle à renforcer la coopération entre les pays concernés et à développer des voies de migration sûres, ordonnées et régulières.

« Aucun pays ne peut résoudre ce problème à lui seul », a insisté Mme Pope. « Nous devons protéger les migrants où qu’ils se trouvent, créer de réelles opportunités pour les jeunes et travailler ensemble par-delà les frontières. C’est ainsi que nous sauverons des vies. »



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : UN News
Commentaires : 0
Lus : 656

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)