03-10-2026 18:00 - Uranium : le point sur le développement de la 1ère mine de Mauritanie en 2026
Agence Ecofin - Avec Tiris, Aura Energy entend développer une nouvelle mine pouvant produire en moyenne 2 millions de livres d’uranium par an, avec un potentiel d’extension à 3,5 millions en 25 ans. La phase de construction est prévue pour démarrer fin 2026, sous réserve de la sécurisation des fonds nécessaires.
Le quatrième et dernier trimestre de 2026 s’ouvre alors que le projet d’uranium Tiris se trouve toujours dans les starting-blocks en Mauritanie. Initialement attendue dès 2027, l’entrée en production de cette mine, présentée comme la première de l’histoire du pays, reste conditionnée à plusieurs étapes, notamment la finalisation de son financement.
En attendant, son opérateur australien Aura Energy multiplie les initiatives à cette fin, comme l’illustre le renforcement de son équipe annoncé mercredi 30 septembre.
La note publiée à cette occasion porte sur trois recrutements stratégiques au sein de l’équipe chargée de faire passer Tiris de la phase d’étude à celle de la construction.
John Carr, ingénieur notamment passé par la mine d’uranium Langer Heinrich en Namibie et déjà conseiller principal aux opérations de Tiris depuis mars 2026, est nommé président de la société.
Il sera rejoint début novembre 2026 par Spencer Davey qui prendra le poste de directeur financier après plusieurs années chez Fortescue, tandis que Jeremy Carter est nommé directeur de la stratégie.
Ce dernier conseille Aura Energy sur les questions de stratégie et de technologie depuis novembre 2025, précise la compagnie.
Pour Phil Mitchell, président exécutif d’Aura Energy, ces recrutements sont essentiels à la constitution de l’équipe appelée à piloter la construction de Tiris. Ils interviennent alors que la publication d’une étude de faisabilité bancable est attendue d’ici la mi-octobre.
Avec la mise en place en cours d’une usine pilote reposant sur le procédé retenu pour la mine, cette étude doit servir de base aux discussions engagées avec des partenaires stratégiques et financiers potentiels.
À ce stade, Aura Energy prévoit une mine d’une durée de vie de 25 ans, avec une production moyenne de 2 millions de livres d’uranium par an et un potentiel d’extension à 3,5 millions de livres.
Le coût de construction est estimé à 230 millions USD, dont une enveloppe de 150 à 170 millions USD actuellement négociée auprès de l’agence fédérale américaine DFC.
La compagnie indique également être en pourparlers avec un « investisseur stratégique potentiel » en vue d’une prise de participation au capital du projet. Elle dit par ailleurs avoir reçu l’intérêt d’un « fonds d’investissement américain » pour contribuer au financement. L’identité de ces deux acteurs reste pour l’instant confidentielle.
La trajectoire de Tiris dépendra donc des prochaines étapes annoncées, mais aussi de la capacité de la nouvelle équipe dirigeante à les mener à bien.
La décision finale d’investissement (FID) est attendue d’ici la fin de l’année et pourrait, en cas de concrétisation, ouvrir la voie au démarrage de la construction. Le projet dispose déjà de son permis d’exploitation, tandis que la convention minière signée en 2023 permet à l’État mauritanien de détenir jusqu’à 20 % de la future mine.
Aurel Sèdjro Houenou
Édité par Wilfried ASSOGBA
