23-09-2026 13:15 - Maroc-Mauritanie: la route Nouakchott-Nouadhibou ouvre un nouvel axe logistique vers le Sud

Maroc-Mauritanie: la route Nouakchott-Nouadhibou ouvre un nouvel axe logistique vers le Sud

La Releve -- Le Maroc et la Mauritanie viennent de franchir une nouvelle étape dans leur coopération en matière d’infrastructures. Les deux pays ont signé, lundi 21 septembre à Rabat, une convention-cadre portant sur la réhabilitation et l’élargissement de la route nationale reliant Nouakchott à Nouadhibou, via le point kilométrique 55, sur une longueur de 480 kilomètres.

Signé par le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et son homologue mauritanien, Ely Ould El Veirik, l’accord prévoit également le développement, l’entretien et la réhabilitation de cet axe, ainsi que le renforcement de la coordination entre les deux pays et l’échange d’expertises et de savoir-faire.

Un bureau d’études conjoint doit par ailleurs être créé en Mauritanie pour accompagner et superviser la mise en œuvre du projet. Au-delà de la dimension technique, l’enjeu est clairement logistique.

Cet axe constitue une liaison essentielle entre Nouakchott et Nouadhibou et assure la continuité avec le réseau routier marocain. Sa modernisation doit contribuer à fluidifier la circulation des transporteurs et des opérateurs économiques et à faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays.

Le projet intervient alors que Nouakchott a inscrit la réhabilitation et la reconstruction des tronçons les plus endommagés de la route Nouakchott-Nouadhibou dans son programme d’action pour 2026.

Le gouvernement mauritanien prévoit parallèlement plusieurs opérations routières et portuaires, dont la réhabilitation du port autonome de Nouadhibou et le lancement des travaux d’un port en eaux profondes dans la même ville.

La modernisation de cet axe s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de développement des infrastructures de transport en Mauritanie. Elle peut notamment accompagner l’augmentation des flux de marchandises entre la capitale, Nouadhibou et les réseaux routiers reliant le pays à ses voisins.

Côté marocain, la coopération ouvre également un espace de transfert d’expertise dans un domaine où le Royaume a accumulé une expérience importante dans la réalisation de grands axes routiers, notamment dans les régions du Sud.

Le projet de voie express Tiznit-Dakhla constitue à cet égard une référence récente en matière de construction, de réhabilitation et de modernisation d’infrastructures routières sur de longues distances et dans des environnements à fortes contraintes climatiques.

La création annoncée d’un bureau d’études conjoint en Mauritanie doit permettre de traduire cette coopération en compétences techniques partagées, tout en accompagnant les différentes phases du projet.

La convention signée à Rabat ne constitue pas, à elle seule, un accord portant sur la construction d’une nouvelle liaison complète entre Nouakchott et le Maroc. Elle concerne précisément la réhabilitation et l’élargissement de la route reliant Nouakchott à Nouadhibou, laquelle rejoint le réseau routier marocain au niveau du PK55.

Cette précision est importante : le projet vise d’abord à moderniser un axe existant et à améliorer la continuité des réseaux routiers des deux pays.

À plus long terme, l’amélioration successive des différents maillons routiers entre le Maroc, le poste-frontière d’El Guerguerat, Nouadhibou et Nouakchott pourrait néanmoins renforcer la continuité terrestre entre le nord-ouest africain et l’espace ouest-africain.

Une telle évolution dépendra naturellement de la réalisation de futurs projets et de décisions qui ne sont pas couvertes par la convention-cadre actuellement signée.

L’intérêt économique du projet tient notamment à la progression des échanges entre le Maroc et la Mauritanie. L’amélioration des infrastructures routières peut réduire les contraintes liées au transport, améliorer la régularité des flux et renforcer la sécurité des opérations logistiques.

Pour les transporteurs, l’enjeu est concret : une route mieux réhabilitée et élargie signifie potentiellement de meilleures conditions de circulation, moins de ralentissements et une plus grande prévisibilité des trajets.

Pour les opérateurs économiques, elle peut contribuer à consolider une chaîne logistique reliant les pôles économiques marocains aux marchés mauritaniens et, au-delà, aux économies d’Afrique de l’Ouest.

C’est précisément cette dimension que mettent en avant les deux gouvernements, qui présentent le projet comme un moyen de renforcer la connectivité routière, la fluidité des échanges et la coopération économique et commerciale.

La portée du projet dépasse donc la seule réhabilitation de 480 kilomètres de chaussée. En reliant plus efficacement les réseaux routiers des deux pays, Rabat et Nouakchott cherchent à renforcer une infrastructure appelée à accompagner l’intensification des échanges et des investissements.

Pour la Mauritanie, la modernisation de l’axe Nouakchott-Nouadhibou s’inscrit dans un vaste effort de remise à niveau de ses infrastructures routières et portuaires. Pour le Maroc, elle prolonge la logique de développement des liaisons terrestres avec le Sud et de coopération technique avec les pays voisins.

La convention-cadre ne préjuge pas, à elle seule, de la réalisation d’un corridor régional complet. Mais elle constitue une étape concrète dans le renforcement de la continuité routière entre le Maroc et la Mauritanie, avec un objectif clairement affiché : faciliter les déplacements, fluidifier le commerce et donner davantage de profondeur aux échanges économiques entre les deux pays.



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