18-05-2026 21:30 - Haut débit : la Mauritanie rejoint le cercle des pays ayant lancé la 5G commerciale
Agence Ecofin -- La 5G s’accélère progressivement en Afrique, portée par les besoins croissants en connectivité haut débit et en transformation numérique. Selon Ericsson, le nombre d’abonnements à la technologie en Afrique subsaharienne devrait passer de 27 millions en 2025 à 400 millions en 2031.
La société télécoms Chinguitel a annoncé, la semaine dernière, le lancement commercial de la 5G en Mauritanie. L’opérateur de téléphonie mobile fait ainsi entrer le pays dans le cercle encore restreint, mais grandissant, des nations africaines ayant déployé cette technologie mobile de dernière génération.
Dans un communiqué publié le vendredi 15 mai, l’entreprise explique que la 5G offrira des vitesses de connexion nettement supérieures, une latence réduite favorisant une meilleure réactivité des services, ainsi que de nouvelles possibilités de solutions numériques destinées aux entreprises.
S’il est le premier à la commercialiser, le lancement de cette technologie par Chinguitel ne constitue toutefois pas un cas isolé. Les autres opérateurs télécoms du pays se préparent également, dans le cadre d’un processus engagé il y a plusieurs mois. Moov Mauritel a ainsi annoncé début mai avoir signé avec l’Autorité de régulation (ARE) le cahier des charges relatif au déploiement de la 5G.
« Aujourd'hui, Moov Mauritel mobilise toutes ses ressources pour garantir un lancement réussi et de haute qualité de ses services 5G. L'entreprise s'engage à offrir des services numériques d'excellence, répondant aux attentes de ses clients et soutenant la dynamique de développement du pays », avait déclaré l’entreprise dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Outre Chinguitel et Moov Mauritel, Mattel figure également parmi les acteurs retenus dans le cadre du processus d’attribution des licences 5G, avec une offre évaluée à 252,6 millions d'ouguiyas (MRU), soit environ 6,2 millions de dollars. Le fournisseur d’accès à Internet Rimatel a, lui aussi, participé à l’opération en soumettant une proposition de 265 millions MRU.
Une accélération continentale
Le lancement de la 5G en Mauritanie s’inscrit dans une dynamique continentale marquée par un intérêt croissant pour cette technologie de nouvelle génération. Selon l’Agence Ecofin, la 5G avait déjà été lancée dans 28 pays africains à fin juin 2025, portée par 46 opérateurs télécoms différents.
Depuis, le mouvement s’est poursuivi avec de nouveaux déploiements dans plusieurs pays, dont la Namibie, le Maroc, la Libye, l’Algérie ou encore le Burundi, auxquels s’ajoute désormais la Mauritanie. Dans le même temps, d’autres marchés restent en phase de préparation, à l’image du Cap-Vert, de la RDC, du Ghana, ou encore de la Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, les pays ayant déjà lancé la 5G sont désormais entrés dans une phase d’accélération de la couverture réseau, avec l’extension progressive des zones desservies et le renforcement des capacités des infrastructures existantes.
Cet intérêt est lié à l’accélération de la transformation numérique, qui entraîne une hausse continue des besoins en connectivité à haut débit. La multiplication des usages numériques et la diversification des services en ligne renforcent les exigences en matière de performance des réseaux. Face aux limites des générations précédentes, la 5G apporte des capacités plus élevées en termes de débit, de latence et de gestion simultanée des connexions.
Des défis persistants entre couverture et adoption
Malgré ces promesses, l'intérêt affiché pour la 5G en Afrique soulève plusieurs interrogations. L’une des principales est la généralisation du réseau au-delà des zones urbaines après des lancements en grande pompe. Ericsson chiffre, dans son rapport 2022, le coût de base du déploiement de la 5G entre 3 et 8 milliards USD. À cela s’ajoutent entre 20 % et 35 % d’investissements supplémentaires pour étendre la couverture à l’échelle nationale.
Au-delà de l’infrastructure, la problématique de l’adoption se pose également, comme ce fut le cas pour la 4G. Elle dépend de plusieurs facteurs, dont l’accès à des appareils compatibles (smartphones, ordinateurs, tablettes…). D’autres freins incluent l’accessibilité financière des forfaits de données 5G, le niveau de compétences numériques de base des populations, la perception de la pertinence des services proposés, ou encore la qualité de l’expérience client.
Enfin, la question se pose également de savoir si le besoin de la 5G est si urgent, alors même que les générations précédentes ne sont pas encore généralisées et que des problèmes de couverture et de qualité demeurent. Des pays comme la Mauritanie, la RDC, le Congo, le Cameroun, le Tchad ou encore le Nigeria mettent régulièrement la pression aux opérateurs pour régler ces défaillances persistantes.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
