13-05-2026 07:00 - Le Président de la République préside à Nairobi une session de haut niveau sur les systèmes agricoles et alimentaires durables en Afrique

Le Président de la République préside à Nairobi une session de haut niveau sur les systèmes agricoles et alimentaires durables en Afrique

AMI - Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a présidé, mardi, à Nairobi, en marge du sommet « Africa Forward », actuellement en cours dans la capitale kényane, une session de haut niveau consacrée aux moyens de renforcer les systèmes agricoles et alimentaires durables sur le continent africain.

Cette table ronde a réuni plusieurs chefs d’État, responsables institutionnels, partenaires internationaux et acteurs du développement autour des défis liés à la souveraineté alimentaire, à la résilience climatique et à la transformation durable de l’agriculture africaine.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, le Président de la République a souligné que, malgré le fait que l’Afrique dispose de plus de 60 % des terres arables non cultivées de la planète, le continent continue d’importer chaque année près de 115 milliards de dollars de produits alimentaires.

Son Excellence a indiqué que ce déséquilibre structurel, marqué par l’exportation des matières premières et l’importation de produits transformés, constitue une source majeure de vulnérabilité économique et une menace pour la sécurité alimentaire et sanitaire des populations africaines.

Voici l’intégralité de l’intervention de Son Excellence le Président de la République :

“Merci, Monsieur Jean-Michel de Servino.

Merci beaucoup, Sa Majesté, qui a effectivement fait le contour de la façon avec laquelle vous nous avez si bien présenté notre sujet, le sujet de notre table ronde.

Effectivement, comme vous l’avez si bien dit, le thème de notre table ronde porte sur comment construire des systèmes agroalimentaires productifs, durables et résilients en Afrique et comment renforcer les partenariats dans cet objectif.

Bien qu’il dispose de plus de 60 % des terres arables non cultivées de la planète, notre continent dépense chaque année près de 115 milliards de dollars pour importer sa propre nourriture.

Ce déséquilibre structurel qui consiste à exporter nos matières premières pour importer des produits transformés est une source majeure de vulnérabilité économique et un risque pour notre sécurité alimentaire et sanitaire.

Il est donc pour nous d’une nécessité primordiale de transformer notre potentiel agricole en un véritable levier de souveraineté.

À cet effet, nous devons trouver des solutions idoines à un ensemble de contraintes parmi lesquelles on peut citer certains défis, dont les aléas météorologiques. Avec seulement 6 % de ces 60% des terres arables de la planète, nous ne pouvons irriguées que 6%. Donc, nos récoltes demeurent à la merci d’une pluviométrie de plus en plus imprévisible.

Il y a aussi le faible rendement de notre agriculture, dû entre autres à un manque d’accès aux intrants de qualité, à une faible mécanisation de notre agriculture, à l’absence d’infrastructures de stockage.

Un autre point, pas moins important, c’est l’étendue de nos terres qui font rêver, mais dont l’exploitabilité immédiate demeure très faible.

Donc, cela fait un certain nombre de défis.

La présente table ronde traduit donc notre volonté commune de faire de ce secteur un levier de développement et de prospérité pour nos populations.

Cette ambition s’inscrit pleinement dans la vision de l’Union africaine portée par le cadre politique agricole global et l’Agenda 2063.

Notre organisation continue de plaider pour une transformation radicale où l’agriculture ne doit plus seulement être un moyen de subsistance, mais le moteur d’une industrialisation inclusive.

D’ailleurs, la Déclaration de Malabo et le récent plan d’action sur la fertilité des sols illustrent la mobilisation de l’Union africaine pour mobiliser nos États afin de tripler les échanges commerciaux intra-africains de produits agricoles et de renforcer notre résilience face aux chocs climatiques.

Pour renforcer ce potentiel, ou le transformer plus exactement en réalité, nous devons focaliser notre réflexion sur trois défis prioritaires.

Le premier défi est celui de la mobilisation de l’expertise internationale.

Je crois que, puisque nous sommes aujourd’hui avec la France et, à travers la France, avec l’Europe, nous pouvons justement essayer, à travers cette voie, en matière de recherche, de formation et d’innovation, développer nos filières agricoles, structurer les chaînes de valeur pour garantir à la fois la souveraineté alimentaire et la qualité nutritionnelle.

Un autre axe consiste à voir comment attirer les opérateurs privés professionnels du secteur agricole et mobiliser les ressources financières nécessaires pour soutenir l’entrepreneuriat dans l’agro-transformation et sécuriser une agriculture productive et durable.

Enfin, le troisième volet concerne la manière de mettre à contribution les solutions d’avenir pour valoriser les pratiques agricoles locales et soutenir les initiatives vitales comme la Grande Muraille Verte pour une meilleure résilience.

Je suis donc convaincu que nos échanges autour de cette table permettront d’éclairer davantage des pistes de solutions de nature à aider notre continent à construire une agriculture durable et résiliente.

Je vous remercie.”





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