11-05-2026 15:38 - Mise en place d’une commission d’enquête parlementaire : Ghazouani aurait donné son feu-vert!

Mise en place d’une commission d’enquête parlementaire : Ghazouani aurait donné son feu-vert!

LA DÉPÊCHE - La majorité présidentielle ne devrait plus s’opposer à la constitution d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par des députés de l’opposition depuis la fin janvier dernier, après le feu-vert donné par le président de la République lui-même à son groupe l’exhortant à ne pas faire ombrage à une quelconque initiative permettant aux élus d’exercer pleinement leur mission de contrôle, notamment vis-à-vis de l’exécutif.

Des députés issu du parti au pouvoir, El Insaf, préciseraient, selon Alakhbar qui rapporte la nouvelle, que cette position aurait été pratiquement arrêtée il y a environ une semaine, après des instructions attribuées au président Mohamed Ould Ghazouani.

La même source indique que le parti devrait prochainement transmettre officiellement sa position favorable aux députés ayant porté la recommandation, afin d’engager les procédures nécessaires à la mise en place de cette commission au sein de l’Assemblée nationale.

Si elle voit le jour, cette commission constituerait la première enquête parlementaire visant des dossiers liés à un régime en exercice. Elle serait également la troisième commission d’enquête de ce type en Mauritanie, après celle portant sur la période de l’ancien président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et celle consacrée à la « décennie » de l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz.

La demande de création de cette commission avait été déposée le 28 janvier dernier par plusieurs groupes parlementaires d’opposition, trois jours avant la clôture de la précédente session parlementaire ordinaire. Les signataires affirmaient vouloir « révéler la vérité à l’opinion publique » et mettre fin à « un système de gestion échappant au contrôle ».

Les groupes parlementaires avaient justifié leur initiative par « l’aggravation de la corruption financière et administrative au sein des institutions de l’État » ainsi que par « le recul continu de la transparence dans la gestion des ressources publiques ». Selon eux, cette situation aurait contribué à affaiblir la confiance dans les institutions et à transformer les deniers publics en instrument de favoritisme.

La recommandation a été signée par le groupe parlementaire du parti Rassemblement national pour la réforme et le développement – Tawassoul, celui de Espoir Mauritanie, ainsi que par les députés Abdessalam Horma et Mohamed Bouy Cheikh Mohamed Fadel.

Les parlementaires de l’opposition demanderaient l’ouverture d’enquêtes sur plusieurs sujets dont entre autres es programmes sociaux de Taazour, la gestion des stocks alimentaires, les marchés d’approvisionnement en carburant, les revenus du gaz offshore, le secteur de l’eau, les marchés publics liés aux infrastructures routières,…

Ils réclameraient également un audit des diplômes de l’ensemble des fonctionnaires et contractuels occupant des postes administratifs supérieurs et intermédiaires…





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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 12/05/2026 00:05 X

    Le personnel politique mauritanien semble prendre goût aux commissions parlementaires dont l’enjeu est de poser la question du pouvoir. D'accord, mais quelques remarques.

    1) Le parlement n’a pas pour mission prioritaire ou vocation primordiale de régler les questions de changement de régime, de suite de régime ou d’accession au pouvoir.

    2) Dans l’expérience que se sont faite les Mauritaniens, les commissions de ce type ont fait la preuve de leur efficacité à réduire les velléités de retour au pouvoir d’un ancien président et à calmer les ardeurs de protestation d’un autre sorti du pouvoir par un coup d’État. En revanche, l’expérience n’a pas démontré qu’elle permettait de faire tomber un pouvoir en place ou le découragerait de se perpétuer. L'expérience passée n'a pas non plus permis à un pouvoir encore en place de se prémunir contre des poursuites, une fois parti. Autrement dit, de tels espoirs, s'ils existent, restent très hypothétiques. Ceci étant, tout le monde a droit à ses calculs et le pays enrichit ses expériences.

    3) Une enquête parlementaire, ce sont des moyens matériels et humains limités, bien inférieurs à ceux de l’administration. Si je comprends bien, le soupçon de l’opposition est que la corruption est systémique. Quelle formidable nouvelle apprendrait-on alors, grâce à cette commission (cela ne fait que 35 ans qu'on le sait) !

    4) Si je suis opposant, je limiterai néanmoins mes curiosités à une ou deux, judicieusement ciblées pour l’effet domino que pourraient donner les résultats.

    5) Si je suis de la majorité, faire enquêter le Parlement quand on est au pouvoir et majoritaire en procédure, c'est quand même mieux ! Je mets tous les domaines préoccupants sur la table ! On y sera encore en 2030 ou plus sûrement toutes les conclusions négatives porteront à question, mise en question ou se neutralisent dans l'épuisement polémique. Si des choses sont prouvées, elles feront sauter des fusibles (récupérables) mais n’handicaperont pas le succès d’une réélection présidentielle. Au contraire, elles peuvent conforter un président qui a une bonne réputation personnelle.

    6) Opposition et majorité peuvent trouver des intérêts communs. On discute de corruption : Le peuple demande autant la satisfaction de ses émotions que celle de ses besoins matériels. C’est bon pour tout le monde, pour les futures campagnes électorales. Cela lève le mauvais soupçon populaire que les parlementaires ne servent à rien et que les élus oublient les électeurs.

    7) Bon, moi, quand on me parle de corruption, je pense paramètre économique ajustable par les organisations systémiques… C'est au parlement que cela se fait, ça ?