08-05-2026 17:49 - «On te traite comme du bétail»: au Maroc, le calvaire de Mauritaniens ayant voulu rejoindre l’Espagne

«On te traite comme du bétail»: au Maroc, le calvaire de Mauritaniens ayant voulu rejoindre l’Espagne

RFI AFRIQUE - Au Maghreb, la situation des migrants ouest-africains reste très inquiétante. Entre les tentatives de passage vers l’Europe et les refoulements aux frontières, les témoignages de détresse se multiplient.

Fin-avril, sept Mauritaniens ont tenté de franchir la clôture de l'enclave espagnole de Melilla. Arrêtés, ils racontent avoir été frappés et détenus dans des conditions inhumaines, avant d'être abandonnés, démunis, en plein milieu du désert. Récits d'Ousmane et d'Amadou Mangane.

Tout commence le samedi 25 avril à Agadir, au Maroc. Ousmane et ses compagnons prennent la direction du Nord. Dans les taxis clandestins, la tension est palpable. Le but, atteindre Melilla, près de la clôture espagnole, là où des centaines de migrants de toutes nationalités attendent le moment propice pour passer.

Ousmane Mangane explique : « Il y a un endroit où il n’y a pas de grillage, il n’y a qu’un village. C’est là où l'on dévie pour entrer en Espagne, mais il y a beaucoup de sécurité. On nous a mis dans un conteneur. On y a trouvé des Soudanais. Les Soudanais étaient là-bas depuis quatre jours. C’est là que nous avons commencé à avoir vraiment peur. »

« Si tu parles, ils te frappent de toutes leurs forces »

Enfermés dans des conteneurs où le froid paralyse les membres, les migrants sont ensuite dépouillés de tout : téléphones, nourriture… Amadou Mangane, détenu dans un autre secteur, décrit un système carcéral conçu pour briser les volontés : « On nous traite comme du bétail. On est restés pendant 24 h sans manger ni boire. Si tu parles, ils te frappent de toutes leurs forces. Ils nous font passer d’une prison à l’autre. Ceux qui pensent être libérés sont juste transférés. »

Après huit jours, le verdict tombe. En l'absence de réponse de leur ambassade, les autorités décident de les expulser. Mais pas vers leur pays d'origine : ils sont jetés en pleine zone tampon, entre le Maroc et l’Algérie, sous la menace des armes.

Avec notre correspondant à Nouakchott,
Oumar ElHadj Thiam






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Source : RFI Afrique
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