03-02-2026 09:12 - Une délégation de la société civile mauritanienne à la Conférence des Nations Unies sur l’eau - Dakar 26 et 27 janvier 2026
1. Contexte et objectifs de la mission
La Conférence des Nations Unies sur l’eau, co-organisée par le Sénégal, les Émirats Arabes Unis et les Nations Unies, s’est tenue dans un contexte mondial marqué par une pression croissante sur les ressources en eau, exacerbée par le changement climatique, la désertification et la croissance démographique.
Cet événement d’envergure internationale, qui a réuni plus de 2.000 participants venus des cinq continents du monde, s’est déroulé sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal.
La conférence avait pour objectif de renforcer la coopération internationale, de favoriser le partage des bonnes pratiques et de mobiliser les acteurs étatiques et non étatiques autour de solutions durables en matière d’accès à l’eau et d’assainissement.
Dans ce cadre, une mission de la société civile mauritanienne a pris part aux travaux, avec pour objectifs principaux :
• Représenter les préoccupations et priorités des communautés mauritaniennes, en particulier les plus vulnérables ;
• Porter la voix des ONG et associations locales dans les débats internationaux relatifs à la gestion des ressources en eau ;
• Renforcer les réseaux de coopération et de plaidoyer aux niveaux régional et international ;
• Tirer des enseignements pertinents pour l’élaboration et l’amélioration des politiques publiques nationales dans le domaine de l’eau.
2. Composition de la mission
La délégation mauritanienne était composée des personnalités suivantes, dont la participation s’est effectuée à titre volontaire, chacun des membres ayant assuré sa présence avec ses propres moyens, sans aucune prise en charge financière :
• El Hadj Fall, Président de l’ONG MES DEFIS (ONG Mauritanienne pour l’Éducation, la Santé, le Développement Économique, la Formation, l’Insertion et la Solidarité) ;
• Abdou Ahmed Vall, Président du RUDM (Réseau Unité pour le Développement de Mauritanie), membre du Conseil économique et social auprès des Nations Unies et membre de la Fédération arabe des droits de l’Homme ;
• Mariem Ngaidé, Présidente de l’Association AMIAME (Association Mauritanienne d’Intervention et d’Aide aux Mères et Enfants) et membre de l’ONDFF (Observatoire National des Droits des Femmes et des Filles) ;
• Abdallahi Cheikh Jeddou, Président de AL KACHAV (Bureau d’études et de recherche spécialisé dans l’analyse des crises et des problématiques liées aux ressources en eau).
Cette composition reflète la diversité et la complémentarité des acteurs de la société civile mauritanienne engagés dans les domaines du développement, des droits humains, de la gouvernance et de la gestion durable des ressources.
3. Déroulement et participation de la délégation
La délégation a participé à plusieurs sessions plénières, panels thématiques et espaces de dialogue consacrés notamment à :
• L’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement ;
• La gestion intégrée des ressources en eau ;
• Les impacts du changement climatique sur les ressources hydriques ;
• Le rôle des collectivités locales et de la société civile dans la gouvernance de l’eau.
Les membres de la mission ont contribué aux échanges en partageant l’expérience mauritanienne, marquée par un contexte sahélien et désertique, où l’accès à l’eau demeure un défi structurel, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.
4. Importance de la participation de la société civile mauritanienne
La participation de la société civile mauritanienne à la Conférence des Nations Unies sur l’eau revêt une importance stratégique majeure, tant sur le plan national qu’international. Elle a permis d’assurer la présence et la visibilité de la Mauritanie dans un espace mondial de décision et de plaidoyer sur une ressource vitale, en particulier dans un contexte marqué par l’absence notable des autorités publiques et des médias nationaux.
Cette participation a offert une opportunité essentielle de porter la voix des communautés locales, de partager les réalités spécifiques d’un pays sahélien confronté à la rareté de l’eau, à la désertification et aux effets du changement climatique, et de défendre des solutions adaptées aux besoins réels des populations.
Elle a également renforcé la reconnaissance de la société civile comme acteur crédible, légitime et incontournable dans la gouvernance de l’eau, capable de contribuer activement à l’élaboration des politiques publiques, au suivi des engagements internationaux et au développement de partenariats durables au service du développement humain et de la justice sociale.
5. Principales recommandations issues de la conférence
À l’issue des travaux et des échanges, la délégation formule les recommandations suivantes :
• Renforcer l’accès à l’eau potable dans les zones rurales et périurbaines, par des investissements dans des infrastructures durables, résilientes et adaptées au contexte local ;
• Intégrer pleinement la société civile et les ONG locales dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de l’eau ;
• Promouvoir une gestion intégrée des ressources en eau, tenant compte des effets du changement climatique, de la désertification et de la pression démographique ;
• Soutenir l’éducation et la sensibilisation des communautés, en particulier des jeunes et des femmes, sur la protection, la préservation et l’utilisation rationnelle de l’eau ;
• Développer des partenariats internationaux équitables, favorisant le transfert de technologies, de compétences et de financements vers les pays et communautés vulnérables ;
• Renforcer les mécanismes de suivi, de gouvernance et de redevabilité, afin de garantir la transparence, l’efficacité et la durabilité des projets liés à l’eau.
6. Conclusion
Cette mission à la Conférence des Nations Unies sur l’eau a constitué une opportunité majeure pour la société civile mauritanienne de faire entendre sa voix, de nouer des partenariats et de contribuer activement aux réflexions internationales sur un enjeu vital pour le pays.
Les enseignements tirés et les recommandations formulées devraient servir de base à un dialogue renforcé avec les autorités nationales et les partenaires techniques et financiers, afin de promouvoir une gouvernance de l’eau plus inclusive, durable et centrée sur les besoins réels des populations.
Fait à Nouakchott, le 29 janvier 2026 par la délégation de la société civile mauritanienne
• El Hadj Fall
• Abdou Ahmed Vall
• Mariem Ngaidé
• Abdallahi Cheikh Jeddou
