26-03-2013 09:40 - 15ème conférence de l’OMVS : De la redynamisation à la guerre de succession
Les quatre dirigeants des pays de l’OMVS se sont retrouvés hier dans le cadre de la tenue de 15ème conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation.
Dans toutes leurs allocutions, les présidents ont axé leurs interventions sur la redynamisation de cet éléphant économique, mais chacun nourrissait en son profond intérieur l’espoir de remporter la rude guerre de succession que se livrent dans la discrétion les Etats membres aux commandes de cette organisation sous-régionale dirigée depuis plus d’une décennie par notre compatriote Ould Merzoug.
Si officiellement, les discours des chefs d’Etat de l’OMVS depuis Ould Abdel Aziz à ses pairs sénégalais Macky Sall, guinéen Alpha Condé et malien Dioncounda Traoré ont quasiment convergé vers l’optique de redynamiser cette organisation pour donner le meilleur d’elle-même, servir de cadre régional intégrateur des économies des pays membres, les coulisses de cette 15e conférence des chefs d'Etat et de gouvernements n’ont point souffert de moult tractations et spéculations sur le futur commissaire.
Si pour le régime de Nouakchott, le premier objectif n’est pas de coopter un mauritanien à la place d’un autre, mais plutôt écarter un fonctionnaire international indocile coûte à faire abstraction des grands éloges faites à son endroit dans les allocutions respectives des présidents sénégalais et malien, au nouveau de la Guinée, tous les dés sont joués pour hériter de ce juteux poste occupé depuis 2002 par le mauritanien Mohamed Salem Ould Merzoug. Selon des observateurs bien avertis, seuls deux pays sont favoris pour cette succession, à savoir le Mali et la Guinée.
Malheureusement, le premier à qui revient de droit la succession depuis 2007 confronté à la situation de guerre qui prévaut actuellement dans le nord, a d’autres priorités sécuritaires et souveraines à défendre et à plaider que des pourvois à des fonctions qui ne servent pas nécessairement le retour du calme dans ce pays.
C’est donc la Guinée, qui a de fortes chances de présider aux destinées de l’OMVS pour le prochain mandat, surtout qu’assuré du soutien de la Mauritanie, dont le pouvoir garde une grande rancune à l’endroit de Merzoug, Alpha Condé pourrait trouver l’appui nécessaire pour bien placer son homme.
D’ailleurs, le président guinéen Alpha Condé avait levé le lièvre récemment sur les antennes de la RTG en laissant entendre, après une rencontre avec le président malien au sommet de la CEDEAO Yamoussokoro que le poste de Haut Commissaire de l’OMVS reviendra à son pays à l’issue des prochaines assises de l’Organisation à Nouakchott le 25 mars prochain. Un poste qui revient pourtant de droit au Mali.
Rappelons que cette conférence des chefs d’Etats tenue hier est l 'ultime messe des états membres de l'OMVS, créée en mars 1972 par les Pères fondateurs des nations post indépendance des pays riverains du fleuve Sénégal pour ne pas rater le train de la grande révolution hydroénergetique engagée ces dix dernières années par les hautes autorités de l'OMVS.
Eau, énergie, transport multimodal, sécurité alimentaire, santé constituent la colonne vertébrale de la feuille de route de l'institution interétatique. Actuellement, l’organisation bénéficie de financements colossaux de l' AFD, de la Banque mondiale, de la BID, de la BADEA et de la BEI.
Selon un officiel malien, jamais, l'institution n’avait capté autant de ressources financières, quittant la zone de turbulences pour se hisser au rang des organisations crédibles qu'on peut citer avec fierté dans la sous-région.
Aux dernières nouvelles de cette conférence, on apprend que les chefs d’Etats membres de l’organisation ont élu le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz président en exercice de l’organisation.
Par ailleurs, la Guinée remporte le poste de haut commissaire de l’OMVS avec la nomination de son citoyen Kabinet Komara aux commandes de cette organisation. Marimantia Diarra a été désigné commissaire adjoint de l'OMVS. De même, le ministre malien de l'énergie et de l'eau, a été désigné président en exercice du conseil des ministres.
Md O Md Lemine
