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Sahel : l’EI et Al-Qaïda s’affrontent dans une bataille sans précédent
AFRICANEWS -
Les affrontements entre les deux principales organisations jihadistes opérant au Sahel connaissent une intensification sans précédent.
Depuis le début du mois de septembre, les combats opposant le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Sahel (ISSP) se multiplient dans la zone des trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
L'État islamique affirme avoir tué plus de 400 combattants du JNIM lors d'une bataille survenue le 9 octobre dans la province burkinabè de l'Oudalan, à proximité des frontières malienne et nigérienne. Ce bilan n'a toutefois pas pu être confirmé de manière indépendante. S'il était avéré, il s'agirait du combat le plus meurtrier jamais enregistré entre les deux groupes jihadistes.
Selon Heni Nsaibia, analyste du projet de surveillance des conflits ACLED, les deux organisations se sont affrontées à plus de 320 reprises depuis 2019, causant environ 2 200 morts. Les violences, longtemps concentrées au Mali et au Burkina Faso, s'étendent désormais vers l'ouest du Niger et jusqu'au nord-ouest du Nigeria.
Cette rivalité s'explique par la volonté des deux mouvements de contrôler les mêmes territoires, les routes stratégiques et les populations locales, essentielles au recrutement et à leur implantation. Les experts estiment que cette lutte d'influence contribue à l'expansion continue du jihadisme dans la région, malgré les opérations menées par les autorités militaires des trois pays.
Au-delà de la conquête territoriale, les deux groupes défendent des stratégies différentes. Le JNIM privilégie l'ancrage local en nouant des alliances avec certaines communautés et en concentrant ses attaques contre les forces de sécurité et les armées étrangères. L'État islamique, en revanche, adopte une approche plus radicale, ciblant également les civils qui refusent de se soumettre à son autorité.
Malgré les pertes revendiquées par l'État islamique, les Nations unies estiment que le JNIM demeure la principale menace terroriste au Sahel.
L'organisation compterait entre 7 000 et 8 000 combattants, contre environ 2 000 pour la branche sahélienne de l'État islamique. Plusieurs analystes s'attendent désormais à une contre-offensive du JNIM dans les prochains jours, faisant craindre une nouvelle escalade de la violence dans une région déjà profondément déstabilisée.
PAR Ali Bamba
avec AFP