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Mauritanie: des cours tenus par des bénévoles pour pallier le manque de classes
RFI AFRIQUE -
Les écoles ont rouvert leurs portes le 5 octobre. Pourtant, dans plusieurs localités, les salles de classe manquent toujours.
À Dar El Barka, un quartier de Nouakchott, un jeune a décidé d'agir. Abidina Doro Coulibaly, président de l'association des jeunes déterminés pour le développement, a transformé une partie de sa propre maison en salle de classe. Ce sont les jeunes du quartier eux-mêmes qui assurent bénévolement les cours. Chaque matin, des dizaines d'enfants viennent s'y inscrire. Une initiative qui suscite l'espoir des parents d'élèves.
Ici, des tables-bancs bien alignées, quelques élèves assis, face à un tableau avec un cours de français. On est à quelques jours de la rentrée, mais déjà, des enfants sont présents.
Abidina Doro Coulibaly est à l'origine de cette initiative.
« On a dit qu'il y a trop de manquements de l'enseignement, on a jugé nécessaire d'accueillir les enfants pour pouvoir les recadrer. Quand un enfant est recadré, il va échapper au banditisme, au vagabondage juvénile. Il y a deux écoles privées qui sont là. Donc ces écoles ne peuvent pas prendre tous les enfants pour leur enseigner. Certains enfants sont en manque de moyens, et les écoles publiques aussi. Tout enfant qui n'a pas de papiers ne peut pas accéder à ces écoles », explique-t-il.
Plus de 30 % d'enfants non scolarisés
Toute l'année scolaire, plusieurs filles et garçons du quartier viennent étudier chez lui. Thierno Ali Diaw y envoie ses enfants tous les jours.
« C'est une très bonne initiative, on la salue. Il faut les encourager et les accompagner. Nos enfants étudient ici toute l'année. C'est très important pour nous, parents qui n'avons pas les moyens du privé. Il n'y a que deux écoles, c'est insuffisant. Et c'est dans l'intérêt de toutes les familles quand les enfants réussissent, ce sont les parents qui en profitent d'abord », témoigne ce parent d'élèves.
Abidina Doro Coulibaly et d'autres bénévoles poursuivent les cours. Ils ont aussi mis en place un accompagnement pour aider ces enfants à intégrer le collège et poursuivre leurs études.
En Mauritanie, plus de 30 % des enfants ne sont pas scolarisés, selon les derniers chiffres publiés par le Partenariat mondial pour l'éducation (GPE), en juin 2025. Ce manque d'infrastructures est lié à un manque de maîtrise de la carte scolaire et à une mauvaise gestion de la répartition des constructions d'écoles.
Mohamedou Diallo, ancien inspecteur de l'enseignement et ancien inspecteur départemental de l'Éducation nationale : « Le manque d'écoles constaté dans certains quartiers de la ville de Nouakchott résulte d'une mauvaise maîtrise de la carte scolaire d'une part, mais aussi de la non-prise en compte de l'important flux d'enfants en provenance des écoles privées à la suite de la décision du ministère de supprimer progressivement les classes du fondamental au niveau du secteur privé.»
Avec notre correspondant à Nouakchott,
Moussa Oumar Barry