15:16
Naha Mint Hamdi Ould Mouknass : quand la longévité dans les responsabilités devient un sujet de controverse, au lieu d’être une occasion d’évaluer le bilan
Le Calame -- Depuis plus de trois décennies, Mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass occupe une place importante dans le paysage politique mauritanien. Elle dirige, durant cette longue période, l’Union pour la Démocratie et le Progrès (UDP), l’un des partis politiques connus en Mauritanie.
Un parcours qui mérite d’être examiné avec recul et objectivité, loin des jugements préconçus, notamment dans un environnement partisan marqué par des scissions et des divisions qui ont affaibli certains partis et réduit l’influence d’autres.
Au fil de ses différentes responsabilités ministérielles, son nom est également resté présent dans les cercles de décision. Cette longévité devrait inciter à une évaluation objective de son parcours, plutôt qu’à considérer la durée de sa présence aux responsabilités comme un argument à charge.
En effet, un responsable public doit avant tout être évalué à l’aune de ses réalisations, de sa gestion et de l’impact de son action, et non critiqué pour le seul fait d’avoir conservé ses fonctions au fil des années.
Quant à l’intégrité, elle ne se déduit ni des titres ni des rivalités politiques. Mais elle ne saurait non plus être réduite à des accusations sans fondement établi ou à de vagues insinuations. Quiconque dispose de preuves de corruption ou de mauvaise gestion devrait les soumettre aux autorités compétentes.
À l’inverse, il n’est ni juste ni raisonnable de transformer de simples soupçons en verdicts. La réputation d’une personnalité publique ne devrait pas être livrée aux campagnes de dénigrement, pas plus que l’exercice d’une responsabilité publique ne saurait échapper au contrôle et à l’obligation de rendre des comptes.
Évaluer sans complaisance
Il est regrettable que le maintien d’une femme à des postes de responsabilité devienne un motif d’attaques personnelles, comme si la longévité de son expérience constituait en elle-même un défaut, ou comme si sa position devait lui être arrachée par l’accusation plutôt que contestée par la compétence et les résultats.
Le désaccord politique est un droit et la critique est nécessaire ; toutefois, ils perdent toute leur valeur lorsqu’ils se détachent des faits et des preuves.
S’agissant du contrat de gré à gré il y a quatre ans, soulevé par certains, le fait de le remettre aujourd’hui au centre du débat ne suffit pas, à lui seul, à établir une quelconque responsabilité. De même, le temps écoulé ne confère à aucun contrat une immunité contre tout examen.
Ce sont les documents, les clauses de l’accord, le respect des dispositions légales et les éventuelles conclusions des organes de contrôle compétents qui doivent permettre de trancher. La justice ne se construit ni sur le bruit médiatique ni sur une présomption d’innocence qui dispenserait de tout examen, mais sur des preuves et des procédures équitables.
La confiance dont bénéficie un responsable ne se mesure pas uniquement au nombre d’années passées en fonction. Elle s’apprécie également à travers la qualité de son action et la capacité de son bilan à résister à un examen objectif.
Si Mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass dispose d’une longue expérience dans la vie partisane et gouvernementale, l’équité commande de l’évaluer selon les mêmes critères que tout autre responsable : sans complaisance en raison de son statut, mais sans suspicion dictée par l’antagonisme politique.
La politique ne devrait être ni une entreprise de démolition des personnes par la rumeur, ni un privilège accordant à quiconque une immunité contre la critique. Elle est une compétition fondée sur les compétences, une mise à l’épreuve de la responsabilité et une confrontation permanente aux faits.
Une règle devrait demeurer au cœur de tout débat équitable : quiconque souhaite critiquer Mme Naha Mint Hamdi Ould Mouknass, ou toute autre personnalité publique, doit avancer des arguments étayés. Quiconque aspire à la remplacer doit proposer une alternative, un programme et un bilan capable de convaincre.
En revanche, transformer la longévité d’un parcours en accusation, ou laisser entendre l’existence d’irrégularités sans produire de preuves, ne contribue ni à l’établissement de la vérité ni à l’élévation du débat public.
Ahmed Mahmoud Ould Khairatt