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Mohamed Ould Abdel Vettah, un retour stratégique pour relever le défi énergétique
Trust Magazine -- Nommé ministre de l’Énergie et du Pétrole dans le nouveau gouvernement, Mohamed Ould Abdel Vettah retrouve un portefeuille qu’il a déjà dirigé. Son retour intervient après les incendies des postes électriques de Nouakchott et alors que la montée en puissance du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) place la valorisation des ressources nationales au cœur des enjeux énergétiques du pays.
Mohamed Ould Abdel Vettah fait son retour au gouvernement mauritanien à la tête d’un département confronté à des défis majeurs. Jusqu’ici Haut-Commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), il succède à Mohamed Ould Khaled au ministère de l’Énergie et du Pétrole, dans le cadre du remaniement gouvernemental annoncé les 10 et 11 octobre 2026.
Ce changement intervient dans un contexte marqué par les interrogations sur la fiabilité du réseau électrique national et les attentes liées à l’exploitation des ressources gazières du pays.
Un portefeuille qu’il connaît déjà
Né en 1977 à Rosso dans la région du Trarza, Mohamed Ould Abdel Vettah est ingénieur de formation, titulaire d’un doctorat en informatique. Son parcours associe expériences dans le secteur énergétique et responsabilités publiques.
Il a notamment dirigé la Société mauritanienne de gaz (SOMAGAZ), travaillé dans l’environnement des hydrocarbures et occupé le poste de ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Mines de 2016 à 2020, avant de rejoindre la Présidence de la République comme conseiller, puis de prendre la tête du Haut-Commissariat de l’OMVS en novembre 2022.
Cette expérience constitue un atout pour la prise en main du département. En février 2020, alors qu’il était ministre, Mohamed Ould Abdel Vettah avait participé à la signature de l’accord de commercialisation du gaz naturel liquéfié de la première phase du projet Grand Tortue Ahmeyim.
Cet accord visait notamment à renforcer la coopération entre la Mauritanie et le Sénégal, ainsi que leur capacité à valoriser conjointement leurs ressources gazières.
La crise électrique, premier dossier sensible
Son arrivée intervient quelques jours après la publication, le 8 octobre, du rapport de la commission d’enquête indépendante sur les incendies ayant touché deux postes de transformation de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC), à Nouakchott-Nord et Nouakchott-Ouest. Ces incidents ont perturbé l’approvisionnement électrique de la capitale et placé la sécurité des infrastructures au centre des préoccupations publiques.
Le rapport a été accompagné de recommandations visant à renforcer la sécurité des installations et à améliorer les performances de la société. Avant le remaniement, le ministère avait déjà engagé l’élaboration d’un plan d’action pour leur mise en œuvre. .
Le nouveau ministre devra donc assurer la continuité de ce chantier, veiller au renforcement des mécanismes de contrôle et contribuer à restaurer la confiance dans la gestion du secteur. L’enjeu dépasse le seul rétablissement du service : il concerne la prévention des défaillances, la supervision des travaux et la résilience du réseau national.
GTA, entre ambitions gazières et retombées nationales
L’autre dossier majeur est celui du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé entre la Mauritanie et le Sénégal. Développé avec la participation de BP, de Kosmos Energy et des sociétés nationales d’hydrocarbures des deux pays, ce projet constitue un axe important de leur coopération énergétique.
L’expérience de Mohamed Ould Abdel Vettah lors de la conclusion de l’accord commercial de 2020 pourrait lui être utile dans le suivi des enjeux liés à la commercialisation du gaz et à la défense des intérêts mauritaniens.
Pour Nouakchott, la question est désormais de transformer les ressources gazières en bénéfices économiques durables, tout en répondant aux besoins énergétiques nationaux. Cela suppose de suivre la montée en puissance de la production, de préciser les conditions d’approvisionnement du marché intérieur et de coordonner les investissements nécessaires aux infrastructures.
La disponibilité du gaz ne saurait, à elle seule, garantir une amélioration de l’alimentation électrique : celle-ci dépend également des capacités de production, du transport et de la distribution.
Un retour attendu sur les résultats
Le retour de Mohamed Ould Abdel Vettah traduit ainsi le choix d’un responsable ayant déjà exercé des fonctions au sommet de l’administration énergétique. Mais son expérience sera désormais jugée à l’aune des résultats obtenus face à des attentes immédiates : sécuriser les installations électriques, donner une suite effective aux recommandations de l’enquête et faire progresser la valorisation des ressources gazières.
Entre urgence électrique et ambitions gazières, le nouveau ministre hérite d’un portefeuille stratégique où les décisions techniques, les équilibres économiques et les attentes des citoyens sont étroitement liés. Sa capacité à faire avancer ces dossiers constituera l’un des principaux indicateurs de la portée de ce retour au gouvernement.