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Gouvernement Ould Diay cycle 2 : recalibrage politique …et rebelote!
LE RÉNOVATEUR QUOTIDIEN - En reconduisant Mokhtar Ould Diay, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani maintient son choix à la Primature, mais remanie plusieurs secteurs sensibles.
Le départ de deux figures de la la Défense et de l’Intérieur, le remplacement de ministres confrontés à des dossiers délicats et la promotion de nouveaux profils dessinent un réaménagement politique dont les motivations ne sont pas toutes explicites mais non moins significatif dans le contexte actuel.
Le gouvernement annoncé le 10 octobre ne constitue pas une rupture. Il traduit plutôt une redistribution des responsabilités autour d’un Premier ministre reconduit. Pour en comprendre la portée, il faut distinguer les départs les plus significatifs, les changements de portefeuille et les nouvelles entrées.
Défense et Intérieur : deux changements majeurs
Le départ de Hanana Ould Sidi, remplacé par Ba Ousmane à la Défense, constitue l’un des mouvements les plus remarqués. Figure installée dans l’équipe gouvernementale, le ministre sortant quitte un département régalien. Son successeur, qui a déjà exercé des responsabilités ministérielles, revient au premier plan. Ce choix relève davantage du repositionnement d’un responsable connu que de l’arrivée d’une personnalité extérieure au système.
À l’Intérieur, le remplacement de Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine par Moctar Ould Ahmed Bouceif est tout aussi clair. Le premier appartenait au cercle des responsables les plus expérimentés de l’appareil d’État.
Le second, qui dirigeait auparavant le secteur de la pêche, accède à un portefeuille central pour l’administration territoriale et la coordination politique. Ce déplacement constitue une promotion institutionnelle importante, dans la phase politique actuelle.
Si ces deux changements touchent des secteurs stratégiques. Ils témoignent d’une volonté de recomposer l’équipe, mais ne suffisent pas à établir une rupture dans la conduite des affaires sécuritaires ou territoriales.
L’Énergie : un départ dans le contexte de la crise électrique
Le départ de Mohamed Ould Khaled de l’Énergie et du Pétrole est celui qui se prête le plus directement à une lecture en termes de responsabilité politique. Il intervient après les graves perturbations de l’approvisionnement électrique à Nouakchott et la remise d’un rapport d’enquête sur les dysfonctionnements.
Son remplacement par Mohamed Ould Abdel Vetah, ancien responsable ayant déjà exercé dans le secteur énergétique et à l’OMVS correspond bien à un profil du département.
La santé, économie et affaires islamiques : d’autres arbitrages
À la Santé, Thiam Tijane quitte le gouvernement et cède la place à Naha Hamdi Mouknass. Cette nomination confie le département à une personnalité déjà expérimentée dans la vie gouvernementale . Le changement intervient dans un secteur où les attentes sociales sont fortes, mais aucune explication officielle ne permet d’assimiler le départ du ministre sortant à une sanction liée à son bilan.
Aux Affaires économiques et au Développement,
Abdallahi Souleymane Ould Cheikh Sidiya est remplacé par Mohamedou Ould M’Haimid. Le changement de titulaire intervient alors que les enjeux de croissance, d’emploi et d’amélioration des conditions de vie demeurent centraux.
Il traduit une nouvelle répartition des responsabilités, sans qu’il soit possible d’en déduire, sur la seule base du remaniement, un désaveu formel de la politique précédente.
Aux Affaires islamiques, Al-Vadl Ould Sidati Ould Ahmed Louli quitte également l’équipe.
Sidi El Hadj Ould Dah lui succède. Là encore, le changement de personne est établi, mais sa signification politique reste difficile à préciser faute de justification publique.
Culture, Mines et Habitat : renouveler les titulaires
Le départ de Houcein Ould Medou, ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, entraîne également un changement à la fonction de porte-parole du gouvernement. Mohamed Babana lui succède. Cette nomination touche donc à la fois la conduite d’un département ministériel et la communication publique de l’exécutif.
Aux Mines et à l’Industrie, Dy Ould Zein reste à son fauteuil . Idem pour ould souedat à la justice, de l’éducation et de l’enseignement supérieur.
À l’Habitat, Sid’Ahmed Ould Mohamed est remplacé par Yahfadh Cherif Mohamed Cheikh Moulaye Abdel Malick.
Aïssata Lam et les autres promotions
L’arrivée d’Aïssata Lam, ancienne responsable de l’Agence de promotion des investissements en Mauritanie (APIM), figure parmi les nouvelles entrées les plus notables. Son parcours dans la promotion des investissements apporte au gouvernement une expérience du développement économique. Sa nomination à la Pêche, aux Infrastructures maritimes et portuaires constitue une nouvelle étape dans sa carrière publique.
À la présidence, Aïssata Ba Yahya, jusque-là conseillère, devient secrétaire générale de la Présidence, tandis que Mokhtar Abdallahi prend la tête du secrétariat général du gouvernement. Ces nominations redistribuent des fonctions de coordination et de décision à plusieurs niveaux de l’État.
Une recomposition sans rupture affichée
Au terme de ce remaniement, trois mouvements se dégagent : le retrait de figures installées, le déplacement de responsables d’un portefeuille à un autre et l’arrivée de nouveaux profils.
La portée de cette nouvelle équipe se jugera désormais à ses résultats : responsabilité dans la gestion des crises, efficacité de l’action publique et capacité à répondre aux attentes sociales. C’est sur ce terrain que les départs et les promotions prendront leur véritable signification.
CTD