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31-08-2026

21:30

Lettre ouverte à Madame la Ministre de l’Éducation et de la Réforme du Système de l’Enseignement, Madame Houda Babah

Objet : Lettre d’encouragement et de reconnaissance

Madame la Ministre,

J’ai l’honneur de vous adresser cette lettre ouverte afin de saluer les avancées que vous avez engagées dans le secteur de l’éducation depuis votre prise de fonction.

Je suis un écrivain engagé et je considère que la critique doit avant tout être constructive. Lorsqu’une situation mérite d’être dénoncée, il faut savoir le dire ; mais lorsque des actions positives sont entreprises, il est également important de les reconnaître et d’encourager celles et ceux qui les portent.

Je ne prétends pas que tous les problèmes de notre système éducatif sont aujourd’hui résolus. De nombreux défis restent à relever. Cependant, certaines évolutions récentes constituent des avancées importantes, notamment dans la promotion et la mutation des enseignants, ainsi que dans la modernisation de la gestion administrative.

Notre pays a longtemps été confronté à des pratiques où l’accès à certains postes pouvait être influencé par le tribalisme, le régionalisme, les relations personnelles ou les opportunités politiques. Dans ce contexte, l’application de critères plus précis pour les promotions constitue une évolution particulièrement encourageante. Elle permet de donner davantage de place à la méritocratie, aux compétences et au travail accompli.

La question des mutations mérite également d’être soulignée. Pendant de nombreuses années, certains enseignants ont passé quinze, voire vingt ans, à l’intérieur du pays, tout en souhaitant rejoindre Nouakchott. Beaucoup avaient le sentiment que, sans relations ou sans « bras longs », leurs démarches étaient vouées à l’échec.

J’ai également eu connaissance de témoignages faisant état d’enseignants ayant dû dépenser des sommes considérables, parfois deux ou trois millions d’ouguiyas, pour obtenir une mutation vers Nouakchott. Si de telles pratiques ont existé, elles étaient profondément injustes envers celles et ceux qui consacrent leur vie à l’éducation de nos enfants.

Le fait que les règles soient aujourd’hui davantage clarifiées et que les procédures soient mieux encadrées constitue donc un motif d’espoir. Une administration juste doit permettre à chacun d’être traité selon des règles communes, indépendamment de ses relations ou de son influence.

Je souhaite également saluer la transformation numérique engagée dans le secteur de l’éducation. De nombreuses démarches peuvent désormais être effectuées en ligne, ce qui réduit les déplacements, facilite l’accès aux services et contribue à rendre l’administration plus rapide et plus transparente.

Cette évolution participe plus largement à la transformation numérique de la Mauritanie. Notre pays connaît aujourd’hui une modernisation numérique sans précédent, et il est particulièrement encourageant de voir le secteur de l’éducation prendre pleinement part à cette dynamique.

Madame la Ministre, réformer un système profondément établi demande du courage, de la patience et de la persévérance. Comme le dit un proverbe africain : « Celui qui veut aller vite marche seul, mais celui qui veut aller loin marche avec les autres. »

Cette parole rappelle qu’une réforme durable ne peut réussir qu’avec la participation de tous : enseignants, élèves, parents, responsables administratifs et acteurs de la société civile.

Je vous encourage donc à poursuivre vos efforts en faveur de la transparence, de l’équité, de la méritocratie et de la modernisation de notre système éducatif. Ces principes doivent permettre à chaque enseignant, où qu’il exerce sur le territoire national, de bénéficier d’un traitement juste et équitable.

La Mauritanie a besoin d’une école forte, moderne et accessible à tous. Elle a surtout besoin d’un système dans lequel le mérite, le travail et les compétences occupent une place centrale.

Cette lettre n’est ni une flatterie ni une complaisance. Elle est simplement l’expression d’une conviction : savoir critiquer lorsque cela est nécessaire est une responsabilité, mais savoir reconnaître les progrès lorsqu’ils sont réalisés en est également une.

Madame la Ministre, je vous adresse mes sincères encouragements et vous souhaite pleine réussite dans votre mission. Puissiez-vous poursuivre votre action avec détermination et contribuer durablement à l’amélioration de l’éducation nationale et à l’avenir de notre pays.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma considération respectueuse.

Brahim Mamadou Korera





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