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Pêche – Pour une gestion concertée de la sardinelle : Synergie entre la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau
Le Quotidien -- La gestion durable des ressources halieutiques partagées nécessite une synergie d’actions sous-régionale. Réunis depuis hier à Saly à l’initiative de la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (Caopa), les représentants des administrations maritimes, des professionnels de la mer et des médias du Sénégal, de Mauritanie, de Gambie et de Guinée-Bissau ont officialisé le lancement d’un atelier stratégique visant à renforcer la coopération transfrontalière et le rôle des commissions mixtes.
Face à la surexploitation et à la mobilité des stocks de petits pélagiques, les décideurs régionaux plaident désormais pour une rupture radicale avec les approches strictement nationales.
L’objectif central de cette rencontre est d’accélérer la transition vers une gouvernance intégrée de la sardinelle, espèce cruciale pour la sécurité alimentaire et les économies côtières d’Afrique de l’Ouest.
Pour les autorités administratives, la nature migratoire de la ressource impose une responsabilité solidaire entre les quatre Etats voisins.
«Les efforts consentis dans un pays peuvent être compromis si des mesures cohérentes et complémentaires ne sont pas mises en œuvre dans les autres pays partageant le même stock. Nous devons progressivement passer d’une logique de gestion nationale de ressources partagées à une véritable logique de gestion concertée à l’échelle sous-régionale», a affirmé le Directeur des pêches maritimes (Dpm) du Sénégal lors de la cérémonie d’ouverture.
Selon Cheikh Fall, cette approche concertée repose sur la «diplomatie bleue», où les ressources maritimes partagées deviennent un levier de dialogue et de coopération plutôt qu’une source de tensions.
De son côté, la Caopa alerte sur les pressions exercées par les flottes industrielles et les usines de farine de poisson, plaidant pour une harmonisation stricte des règles d’accès aux zones de pêche. «La sardinelle ne connaît pas de frontière.
Un bateau interdit de pêche dans un pays pour protéger la ressource ne doit pas trouver refuge dans le pays voisin. Nos Etats doivent le refuser ensemble et donner la priorité à la pêche artisanale, celle qui nourrit nos populations», a martelé Gaoussou Guèye, président de la Caopa.
Le président de la confédération a également insisté sur la nécessité de doter les commissions mixtes d’un accès total aux informations stratégiques, notamment les listes de licences accordées, les accords de pêche et l’identité des bénéficiaires réels des navires.
Les acteurs et les médias au cœur du dispositif
L’atelier met un accent particulier sur l’inclusion des communautés côtières, les pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices traditionnellement marginalisées dans les processus décisionnels. La transparence institutionnelle et le rôle des professionnels de la communication sont également identifiés comme des piliers indispensables de cette nouvelle gouvernance.
Les administrateurs comme les acteurs communautaires s’accordent sur le fait qu’une information juste et vérifiée constitue le premier outil de lutte contre la pêche Illicite, non déclarée et non réglementée (Inn).
Les travaux de Saly, prévus sur trois jours, doivent déboucher sur une feuille de route opérationnelle et des mécanismes de communication partagés pour faire de la gestion de la sardinelle un modèle de durabilité en Afrique de l’Ouest.
Par Alioune Badara CISS
Correspondant – abciss@lequotidien.sn