23:01
La France relève fortement le seuil de ressources exigé pour les visas étudiants : un nouveau défi pour les étudiants africains
LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT -
Depuis le 1er août 2026, les ressortissants de pays tiers souhaitant obtenir un visa étudiant pour la France doivent justifier de 877,50 euros de ressources mensuelles, contre 615 euros auparavant.
Cette hausse de 42,7 % intervient alors que Paris affiche l’ambition d’accueillir davantage d’étudiants internationaux à l’horizon 2027.
La nouvelle exigence découle du décret n°2026-526 du 22 juin 2026 et modifie un seuil qui était fixé depuis plusieurs années à 615 euros.
Le nouveau montant représente désormais environ 10 530 euros de ressources à justifier sur une année, contre 7 380 euros auparavant, soit un effort supplémentaire de 3 150 euros par an.
L’Afrique particulièrement concernée
Cette réforme pourrait avoir un impact important sur les étudiants africains, qui représentent une part considérable de la population étrangère étudiante en France.
Selon les données du ministère français de l’Enseignement supérieur et de Campus France citées dans le document, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient comptaient 115 863 étudiants, soit 28 % des étudiants étrangers, tandis que l’Afrique subsaharienne en comptait 103 450, soit 25 %.
À elles seules, ces deux régions représentent donc plus de la moitié des étudiants étrangers présents dans l’enseignement supérieur français.
Le Maroc arrive en tête des pays africains avec 43 354 étudiants, suivi de l’Algérie avec 34 269. Le Sénégal compte 16 955 étudiants, la Tunisie 15 224, la Côte d’Ivoire 11 772 et le Cameroun 10 880.
Plusieurs autres pays affichent également une forte progression sur cinq ans, notamment le Bénin (+105 %), le Togo (+73 %), le Congo (+50 %) et le Cameroun (+46 %).
Une barrière financière supplémentaire
Pour de nombreuses familles africaines, le financement des études en France repose sur une combinaison d’épargne personnelle, de soutien familial, de garant ou de bourse.
Le relèvement du seuil signifie donc que les candidats devront désormais démontrer une capacité financière sensiblement plus importante avant même d’obtenir leur visa.
Le nouveau dispositif ne prévoit pas, selon les éléments cités, de modulation du montant en fonction du pays d’origine. Le même seuil s’applique ainsi aux ressortissants des différents pays tiers.
La possibilité pour les étudiants étrangers de travailler pendant leurs études ne règle pas entièrement cette difficulté : l’accès au travail intervient après l’obtention du visa, alors que la capacité financière doit précisément être démontrée au moment de la demande.
Une réforme qui interroge l’objectif des 500 000 étudiants
La mesure intervient alors que la France ambitionne d’atteindre 500 000 étudiants étrangers en 2027.
Cette stratégie intervient dans un contexte de concurrence internationale accrue. Le Royaume-Uni, le Canada et l’Allemagne ont enregistré des progressions importantes de leurs effectifs d’étudiants internationaux au cours des dernières années, tandis que la croissance française a été plus modérée.
Pour les étudiants francophones africains, la France demeure néanmoins une destination privilégiée en raison notamment de la langue, de l’histoire des échanges universitaires et de l’offre de formation.
Mais la hausse du niveau de ressources pourrait modifier les conditions d’accès pour une partie des candidats, particulièrement ceux issus de familles disposant de revenus modestes.
Un nouveau critère dans la mobilité étudiante
Au-delà de son aspect administratif, le relèvement du seuil introduit donc une dimension financière plus importante dans la sélection des futurs étudiants étrangers.
La question sera désormais de savoir si cette mesure permettra de garantir une meilleure sécurité financière aux étudiants durant leur séjour ou si elle risque, au contraire, de réduire l’accès aux universités françaises pour certains candidats, notamment en Afrique.
Dans un contexte où la France cherche simultanément à renforcer son attractivité universitaire et à atteindre 500 000 étudiants internationaux, l’évolution des demandes de visas et des effectifs africains au cours des prochaines années permettra de mesurer concrètement l’impact de cette nouvelle exigence.