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10-02-2026

05:00

Prévenir les dérives des nouvelles taxes sur les transferts en Mauritanie

Chaque jour, des millions d’ouguiyas sont prélevés sur les transferts d’argent effectués par les citoyens. Avec la nouvelle loi de finances, ces prélèvements sont appelés à augmenter. En principe, ces sommes devraient revenir intégralement au Trésor public. Mais la réalité pourrait s’avérer bien plus inquiétante.

Les banques et les agences de transfert, chargées de collecter ces taxes, disposent de la possibilité — volontairement ou non — de retenir une partie des fonds. Face à des capacités de contrôle étatiques limitées et à des ressources humaines parfois insuffisamment formées, le risque d’abus, d’erreurs ou de détournements devient réel.

Que diraient alors les contribuables, déjà mécontents de l’instauration de ces nouvelles taxes, si un scandale de rétention frauduleuse venait à éclater au sein des institutions financières ou bancaires ? Le coût ne serait pas uniquement financier : il serait aussi politique et moral, portant gravement atteinte à la confiance des citoyens envers l’État.

Le problème n’est donc pas la taxe en elle-même, mais le manque de transparence et de traçabilité dans sa collecte. Plus les montants prélevés sont importants, plus le danger pour le Trésor public — et pour la crédibilité de l’État — s’accroît. Les citoyens sont en droit de savoir que chaque ouguiya prélevé parvient effectivement aux caisses publiques.

Il est donc urgent de renforcer les mécanismes de suivi, de contrôle et de responsabilisation des collecteurs. Si nécessaire, il conviendrait de créer un système de contrôle spécifique interne, adossé à une application automatique, placée sous l’autorité du Trésor public ou d’une institution de contrôle indépendante, permettant de transmettre quotidiennement — voire en temps réel — les montants collectés.

Garantir la transparence n’est pas seulement une exigence technique : c’est un moyen de prévenir un scandale, de protéger les ressources nationales et de préserver la confiance des Mauritaniens dans leur État.

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Mohamed ould Mohamed El Hacen

Expert comptable et financier

faardgs@ gmail.com





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