Cridem

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14-03-2014

15:31

Maurichronique: Les poteaux qui courent…

RMI Biladi - En ville, il y a beaucoup de poteaux. Depuis quelques mois, les poteaux avancent. Ils avancent. Ils ont pris la route d’Akjoujt vers l’aéroport. Ensuite, ils ont viré, comme virent les poteaux chez nous, à partir du carrefour de l’aérogare pour prendre la direction du quartier chic de Tevragh Zeina.

Ils y sont depuis la semaine dernière. Et, ils continuent, et se pointent sur les rebords de la route. Ils montent quand ça monte. Descendent quand ça descend. Sur les poteaux, il y a des plaques. Autant de poteaux, autant de plaques. Et des jeunes, qui s’occupent de tout ça. S’activent nuit et jour pour enfoncer les poteaux dans le sol.

On a interrogé un peu partout. Partout, où les poteaux devraient avoir un répondant. Un répondu. Une réponse. D’abord, il faut bien savoir à quoi ils servent, ces poteaux, pour identifier le Maître-poteau.

Ben, ils éclairent. Dit-on. L’éclairage public. Un nouvel éclairage qui va remplacer l’ancien. Un coup d’Etat, ça ne finit jamais. Même, les poteaux paisibles, il faut les destituer. C’est la loi des coups d’Etat. C’en est une raison. L’essence. Et, pourquoi pas, pendant qu’on y est, tous les hydrocarbures.

C’est la SOMELEC. Mais à la somolec, on n’en sait vraiment rien. On se souvient seulement d’un voyage tout chinois, c’est-à-dire, en Chine, du président de la République. Les poteaux sont nés là-bas. En Chine. Depuis lors, ils courent toujours à Nouakchott.

Ils courent autant que courent les rumeurs. Ici. On ne sait plus qui est le meilleur coureur des deux ? Un poteau. Une rumeur. C’est qui est sûr, forts qu’ils sont, les nouakchottois, de leur force originelle, ils parviennent à mettre sur la tête de chaque poteau toute une touffe de rumeurs. Une touffe bien garnie, en plus. Qui a encore des jours et des nuits devant elles. Sans aucune chute. Pas de calvitie en perspective.

Persistantes et instantes rumeurs nouakchottoises. Sur la tête de chaque poteau chinois, devenu, entre temps, de nationalité mauritanienne. Enrôlé, en plus, dans les bons registres de l’Etat civil.

L’éclairage c’est la SOMELEC. Depuis toujours. Aucune ampoule n’ose émettre l’infime soupçon de lueur sans l’avis de la somelec. Mais, comme la Chine est à l’extrême Levant, on peut bien émanciper ses poteaux de toute dépendance. C’est sans doute ce qui rend les poteaux chinois, même à Nouakchott, surtout à Nouakchott, libre vis-à-vis de toute tutelle. De tout avis. C’est sans appel. Ne parlons même pas d’appel d’offres. Même pas de marché de gré-à-gré.

Le soleil se lève de l’Est. Et à l’Est, il y a la Chine. Où le président s’est rendu un jour. Où naissent les poteaux. Les poteaux, qui courent. Et courent toujours, en dépit des rumeurs qui s’agglutinent sur leur tête de poteaux.

Mouna Mint Ennas



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